''L’enfant voulait répondre. Mais sa gorge lui fit comprendre que ses mots ne seraient jamais à la hauteur du silence.''
               
Eto Hachiro
 
''La mort, c’est elle qui vous fait tenir debout. C’est elle qui dicte les actes. C’est elle qui peint le monde. Et elle vous emportera tous.''
               
Querel Sentencia
 
''Je ne ressens que soif et tristesse, la mort est futilité. Je la cherche, peut-être suis-je elle.''
               
Nagate Zetsubō
 
''Udyr, quand tu seras mort, on se souviendra de ton nom. Moi je n'en ai pas, car je ne mourrai pas aujourd'hui. Mais le tien restera gravé dans ma mémoire, et dans celle de tous ceux qui t'ont connu, comme celui d'un homme fort, et digne. Alors va, et éteins-toi avec grandeur, devant tous ces vautours.''
               
Darn Butcher
 
''La nature revivait là où les hommes mourraient, le cycle reprenait son cours normal grâce à l’albinos.''
               
Aikanaro Myrrhyn
 
''Ils ne se battaient pour rien qui n’en vaille la peine. Ils étaient incapables de distinguer ce qui avait de la valeur de ce qui n’en avait pas. Alors pourquoi tant de vigueur à la tâche ? Pourquoi risquer sa vie aussi vainement ?''
               
Alcofrybas Grincebrume
 
''Son regard, depuis toutes ces années, avait appris à parler.''
               
Etan Ystal
 
''Un monde de chaos, de destruction et de malheur, un monde impartial et magnifique, le seul en tout cas, où faire l’expérience de la vie prendrait un sens véritable.''
               
Edwin Gwendur
 
''L’enfer, ce doit être l’enfer : courir pour l’éternité dans un paysage sans fin, sans début. Sans possibilité de repos ou de mort.''
               
Tyrias Marchemonde
 
''Mais sans risque on n'obtient rien, voici ma devise mes amis. Il ne faut pas avoir peur de se salir les mains, il ne faut pas avoir peur de la mort…''
               
Dimitri Morteury
 
''Tomber... Ceci est si abstrait. L'on pourrait se relever plus grand que l'on était.''
               
Yozora Adragnis
 
''Il passa des semaines dans le cachot ayant décidé de s'y enfermer lui-même. Puis, au terme de trois semaines, vous êtes venu le voir et vous lui avez dit : «Les larmes ne sont qu'une faiblesse qu'il te faudra masquer... Si tu veux t'apitoyer, libre à toi, mais, si tu souhaites voir les choses changer, tu le peux toujours. Suis-moi... Mon ami.»''
               
Haar Wilder
 
''Le brin d'herbe ne se soucie guère de ce que font les feuilles des arbres. Mais à l'automne venu, les feuilles ne se suffisent plus entre elles. Elles s'assombrissent, se nourrissant des nuages noirs d'orage. Et alors, elles se laissent tomber sur nous.''
               
Le Peintre
 
''S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est immobile, allongée, rigide, puante à en faire vomir, en décomposition, transportant des milliers de maladies, la peau arrachée et les os jaunes. S'il y a bien quelque chose que l'on oublie, lorsqu'une personne est à six pieds sous terre, devenue la proie des corbeaux, et ses yeux mangés par des fourmis... C'est qu'elle a un jour été orgueilleuse et avide. C'est qu'elle a un jour voulu devenir riche et grande, ou bien qu'elle l'est devenue. Cela ne change rien.''
               
Le Violoniste
 
''La pensée est la liberté, la liberté... Alors, le corps est la prison, le corps est la prison... Il faut casser les barreaux.''
               
Sill
 
''Nous croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous mène.''
               
Setsuna Hendenmark
 
''Fais ce que tu veux avec ces villageois, sauf les laisser en vie.''
               
Kaull Hendenmark
 
''La fuite vers la religion peut être une réponse pour certains. Pour d'autres elle n'est que la simple évidence que l'homme est faible et instable.''
               
Astryl Panasdür
 
''La mort ne cherche pas à s’expliquer, elle ne fait qu’agir, monsieur. Les cadavres ne racontent pas grand-chose, mais vivant, un homme peut en avoir long à dire.''
               
Sanaki Hearthlight
 
''Alors, telle une marionnette cassée que l’on tente en vain d’animer, il se releva, restant digne malgré ses blessures.''
               
Dolven Melrak
 
''Quand le sang coule, il faut le boire. La mort ne frappera pas à votre porte mais s'invitera par vos fenêtres !''
               
Andreï Loknar
 
''Personne ne peut capturer une ombre, personne ne peut la dresser ni se l’approprier.''
               
Jazminsaa Alsan
 
''De la même façon, à l'idée qu'un abruti de scribe puisse teinter ses parchemins de calomnies religieuses, ou pire, me faire porter le titre de héros, je vais préférer m’occuper de l'écriture de ma propre histoire.''
               
Alexandre Ranald
 
''La mort... Si belle et terrible à la fois, elle l'appelait, et l'appelle toujours.''
               
Adam Moriharty
 
''Par nature, j’aime tout. Par conséquence, je me hais…''
               
Samaël Apelpisia
 
''C'est sordide et cruel, mais c'est hélas la réalité de ce monde.''
               
Liam Gil' Sayan
 
''Aujourd’hui sur les terres de Feleth les pensées ne sont plus les bienvenues. Le temps de la renaissance spirituelle est terminé. Le temps où les grands penseurs avaient aidé le monde est révolu.''
               
Héra Calliope
 
''La mort était séductrice ; elle ne montrait que ses bons côtés. La sérénité et le calme absolu : pour toujours et sans violence.''
               
Eurybie Pourrie
 
''J’ai atteint cette espèce de vanité qu’apporte l’ancienneté. Je ne crois plus qu’on puisse m’apprendre quelque chose, et si jamais quelqu’un essaye ou y arrive seulement, je me bloquerais et deviendrais hermétique à tout contact.''
               
Dante Waanig
 
''Je devrais t'attacher, tu deviens dangereux pour toi même !''
               
Jeyra Frozeñ
 
''La beauté des êtres n'était rien. La beauté des choses oui. Mais pas forcement celle que l'on voit avec une paire de rétines.''
               
Akira Satetsu
 
''Le noir. Une étendue sombre en perpétuel mouvement.''
               
Melpomène d'Ambre
 
''Il est des oreilles invisibles qui peuvent entendre jusqu'à nos moindres soupirs et des secrets aux allures anodines peuvent se révéler instruments de destruction et de tourments sans fin...''
               
Cassandre Ombrelune
 
''Le "rien" est tellement plus unique que la peur ou n'importe quel autre sentiment...''
               
Meryle Nightlander
 
''Ce n'est pas le nombre ni la force qui compte, c'est l'envie, la cause.''
               
Luyak Salamya
 
''L'innocence d'un enfant est la plus grande peur de l'homme.''
               
Clause Vaneslander
 
''Quand il lui manque une marionnette pour ses spectacles. Il verrait en vous la chose qu'il cherche.''
               
Jack D'enfer
 
''Il n'a pas de notion réelle du bien et du mal, personne ne lui ayant jamais défini ces mots.''
               
Jim Stocker
 
''Je n'ai vu aucune lumière, aucun goulet, pour sortir du boyau infini et obscur que nous empruntons tous, jusqu'à la promesse d'une nouvelle vie, de la transcendance et de la connaissance. Alors, mes yeux se sont adaptés aux ténèbres.''
               
Shaquîlah Dresdeïorth
 
''Le pouvoir ronge l'homme.''
               
Balthazar Bel
 
''Visiblement, la sérénité n'avait de valeur que si on connaissait également, en comparaison, des moments de troubles.''
               
Dranek Barth
 
''Le faible se faisait tuer, le fort vivait un jour de plus.''
               
Rodany Bleinzen
 
''Le soleil se couchait sur le monde du milieu. Les ténèbres se paraient de leurs plus somptueux apparats pour enfin faire leur entrée.''
               
Rin Mephisto
 
''Et alors il vit le chaos, la désolation, la souffrance le désespoir ambiant. Il rit.''
               
Elrog Aniec
 
''Perdu quelque part, marche vers nulle part.''
               
Kyle Wate
 
''La rose n'a d'épines que pour qui veut la cueillir.''
               
Karin Yzomel
 
''- Je peux vous prédire le genre d'homme qui vous convient !
- Je connais déjà mon genre d'homme.
- Vraiment... Et quel est-il ?
- Les hommes morts.''
               
Naladrial Delindel
 
''Utilise tes pouvoirs seulement quand le noir deviendra invivable.''
               
Zedd McTwist
 
''Tes cauchemars m'ont déjà donné l'encre... À présent, ta peau me donnera les pages !''
               
Conrart Crowlore
 
''Bien des gens se font enfermer dans un cercueil une fois mort, mais rares sont ceux qui naissent dedans.''
               
Dassyldroth Arphoss
 
''Le corbeau frénétique qui vous nargue de sa voix perchée, agite ses ailes damnées, où le reflet d'un mort se penche sur votre âme.''
               
Lust Aseliwin
 
''La vie est un mensonge, la destruction une délivrance.
Passent les marées, soufflent les vents, en vain...''
               
Le Passant
 
''Fauche, tranche et avale, gouffre des âmes. Que se dresse devant toi mille fléaux, et que l’enfer se glace devant ta noirceur.''
               
Lloyd Vilehearth
 
''Des charognards pour la plupart, comme ces corbeaux à deux têtes, venant dévorer le valeureux mort.''
               
Meneldil Tristelune
 
''Nous sommes les bourreaux de la justice et de la paix. Même si ce rôle n'est pas agréable à endosser, nous nous devons de le faire, pour le bien du peuple.''
               
Ezekiel Le Sage
 
''Il me tarde de retourner au combat pour finir empalé sur une pique.''
               
Karl Von Morlag
 
''Montre-moi le chemin de la victoire. Ou guide-moi alors dans les tréfonds de la mort...''
               
Aznan Lauréano
 
''Comment peux-tu supporter ça ? C'est assourdissant ! Tue-le ! Qu'est-ce que ça te coûte ? Tu ne l'entendras plus. Tu seras en paix... Tue-le !''
               
Aïden Sochlane
 
''- Faites taire votre cabot !
- Je ne suis pas votre servante !
- Alors je le ferai taire moi-même !''
               
Rosaly Von Gregorius
 
''Le seul présent que la justice a à vous offrir, est votre mort.''
               
Mirage Morteury
 
''Laissez-moi vous conduire aux carnages.... Tant d'âmes ne demandent qu'à succomber.''
               
Idryss Leeverwen
 
''Le soleil est un bourreau. D'une simple caresse, sa langue enflammée peut calciner n'importe quel être.''
               
Seïren Nepthys
 
''C'est une nuit sans lune. Ou bien était-ce un jour sans soleil ?''
               
ShuiLong Zhang
 
''La vie est un rouage lent et grinçant. Il ne tourne que dans un sens. Celui où tu tombes.''
               
Camelle Elwhang
 
''Et un jour, sur vos lits de mort, bien des années auront passé et peut-être regretterez-vous de ne pouvoir échanger toutes vos tristes vies épargnées à Feleth pour une chance, une petite chance de revenir ici et tuer nos ennemis, car ils peuvent nous ôter la vie mais ils ne nous ôteront jamais notre liberté !''
               
Edouard Neuman
 
''Le temps est la gangrène de l'homme, elle apparait puis vous ronge à petit feu. Pour finir il ne vous reste plus que le présent pour vivre ; le passé s'évapore peu à peu et le futur ne vous intéresse guère.''
               
Asgeïr Aslak
 
''Cueillir la fleur de la déchéance et croquer dans la pomme de la faucheuse, nos vies se résument à cela car après tout, nous finissons à une moment où un autre, tous sous terre.''
               
Violette Dellylas
 
''Le pire n'est pas de mourir, mais de se faire oublier.''
               
Erwan Daermon Do'Layde
 
''Tenter d'oublier, même si c'était impossible. Il aurait aimé se jeter à la mer avec la preuve de son acte immonde. Laver tout ce sang qu'il sentait sur lui. Peut-être même s'y noyer, simplement. Sombrer dans les abysses et les ténèbres, pour toujours.''
               
Mio Raeth
 
''La lumière montre l'ombre et la vérité le mystère.''
               
Aeli Seoriria
 
''Si la vie n'a qu'un temps, le souvenir n'a qu'une mesure. Le reste est silence.''
               
Valt Horn
 
''Dans le noir le plus complet, l'aveugle est la meilleure personne à suivre. Dans un monde de folie, qui mieux qu'un fou pour nous guider ?''
               
Ledha Borolev
 
''Je ne crois pas en la force d'un absent. Celle qui ferait de vos dieux ce que vous pensez qu'ils sont.''
               
Gigantus Corne
 
''Une limite qui n'a été créée que pour être dépassée ? C'est simple, imaginez !''
               
Goudwin Didrago
 
''Voir grouiller tous ces gens, connaître leurs désirs et leurs rêves, voir comment évoluent les sociétés, leurs aspirations et leurs défauts. Comprendre que donc rien n'est éternel, et que tous ces rêves et toutes ces folies disparaîtront de la surface du monde. Se laisser aller, indolent, parce que tout cela ne servira à rien, et qu'au bout du compte le monde reste le monde, seule éternité immuable.''
               
Uridan Sangried
 
''L'Inquisition vous remettra sur le droit chemin. Même s'il faut vous briser les jambes pour ça.''
               
Leevo Shellhorn
 
''N'oublie pas d'avoir peur des morts. Ils sont toujours plus nombreux que les vivants, et un jour, tu les rejoindras.''
               
Moira Brawl
 
''J'avais l'habitude avec ce genre d'individus... Moins vous bougerez, moins vous leur parlerez... et moins ils vous cogneront dessus.''
               
Aoi Haandar
 
''Je souhaite voir votre sang se répandre mollement à la surface d'une eau rendue trouble par les masses de cadavres vidés de leur substance, marcher dans les champs de vos ossements éparpillés, me remémorant à chaque pas votre mort absurde et pathétique, que vos noms ne soient pas contés, que votre souvenir s'éteigne comme s'éteint votre vie fade et misérable, qu'à travers les années, seuls subsistent vos ossements tels de tristes traces blanchâtres dans un paysage noir de guerre, de sang et de folie.
Et que telles cette phrase, vos morts n'aient aucune importance, aucune signification pour quiconque.''
               
Nargheil Eoss
 
''Bénie soit la haine que tu porteras à ton prochain, lave l'Homme des péchés qu'il a commis.
Sois l'épée du jugement qui s'abattra sur cette race impure, souillée par la vengeance et la corruption.''
               
Meiro Fuuchiuse
 
''Notre futur exprime nos actes passés.''
               
Terence Ripper
 
''Rencontre les ténèbres et tu admireras la lumière, dit le voyant.
Contemple la lumière et tu provoqueras les ténèbres, dit l'aveugle.''
               
Tekian Varis
 
''Un général courageux et fier, est celui qui exécute en premier l'ordre qu'il donne à ses hommes.''
               
Danarius Kyrarion
 
''L'art est le sentiment obscur de l'appropriation de l'étrange.''
               
Leroi-Gourhan
 
''La mort nous sourit à tous, et tout ce que nous pouvons faire, c'est lui sourire en retour.''
               
Marc-Aurèle
 
''L'art est la mystérieuse présence en nous, de ce qui devrait appartenir à la mort.''
               
Malraux
 
''L'art est une profondeur creusée dans le visage du monde.''
               
Weischedel
 
''Le néant après la mort ? N'est-ce pas l'état auquel nous étions habitués avant la vie ?''
               
Schopenhauer
 
''Les avocats d'un malfaiteur sont rarement assez artistes pour tourner à l'avantage de leur client la belle horreur de son acte.''
               
Nietzsche
 
''Ôte-toi de mon soleil.''
               
Diogène le cynique
 
''Il y a pas d’œuvre d'art sans collaboration du démon.''
               
André Gide
 
''Ce n'est pas le lieu mais son cœur qu'on habite.''
               
John Milton
 
''Nous sommes les histoires que nous vivons.''
               
Auteur inconnu
 
''La mort est terrible pour n'importe qui. Bons ou mauvais, anges ou démons, c'est la même chose. La mort est impartiale. Il n'y a pas de mort particulièrement horrible. C'est pourquoi la mort est effrayante. Les actes, l'âge, la personnalité, la richesse, la beauté... Tout ça n'a aucun sens face à la mort.''
               
Fuyumi Ono
 
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 [PV] De petites cachotteries... {Leevo}

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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
________________


Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

Messages : 306

Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[PV] De petites cachotteries... {Leevo} _
MessageSujet: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyMar 28 Aoû 2012 - 20:22

Je m’étais donc rendu à cette fameuse « Cage aux rossignols », endroit où je n’avais plus mis les pieds depuis … oh plus d’une vingtaine d’années, certainement. Disons que je n’avais ni eu le temps ni le courage d’y remettre les pieds. Non pas que Monsieur Ahgill avait été un mauvais maître, bien au contraire. On travaillait pour lui et en échange il nous affranchissait. C’était un beau geste vous savez, le plus beau geste qu’un Maître peut faire à son esclave. Il avait fallu faire des sacrifices pour cela, certes : j’avais jouer les prostitués pendant plusieurs années avant de pouvoir le rembourser… mais il avait tenu sa promesse, car il faisait ça pour tous ses esclaves. C’était un homme bien.

Bref, le bâtiment n’avait pas changé d’un poil. Enfin si, le vernis a été changé sur les châssis des fenêtres et des portes… mais toujours ces éternels rideaux de perles dans l’entrée, ces carillons de verres sur les côtés… et ces jeunes prostitués et prostituées qui attiraient la foule en relevant leurs jupes afin de dévoiler leurs portes jarretelles. Parce que oui, c’était un bordel spécialisé dans les filles surtout, et dans les jeunes garçons qu’on ne pourrait pas qualifié de … virils. Ils étaient donc tous en robes. Et moi aussi j’avais été en robe. Ou alors, de temps à autres, nous avions des corsaires tellement courts qu’ils nous arrivaient à la moitié des cuisses. Des portes jarretelles étaient évidemment ajoutées pour affoler l’esprit des pervers qui passaient dans la rue.

Bref, je passais alors la porte de cet endroit qui se voulait intime, confortable, affriolant et surtout, surtout, confidentiel. En effet, monsieur Ahgill offrait la possibilité à ses clients de porter des masques avant de rejoindre une des filles ou l’un des garçons afin de ne pas être reconnu par d’autres personnes susceptibles de le rencontrer ici. Mais pourtant, il devait tout d’abord lui montrer son faciès à l’entrée et à la sortie afin de s’assurer de la sécurité de ses esclaves. Bon nombre des clients s’amusaient avec ces employés forcés qui chantaient, dansaient, servaient à boire ou servaient quelques herbes … spéciales ? Mains baladeuses sur les fesses et les cuisses de ces messieurs, mains baladeuses sur la poitrine tantôt plate et tantôt voluptueuse de ces mesdames. Je me dirigeais à pas de loup vers le comptoir des réserves, oµ Monsieur Ahgill prenait les réservations des clients réguliers.

Il avait vieillit. Beaucoup même. Quand je l’eus quitté il y a une vingtaine d’années, il était à peine grisonnant et le visage encore bien tenu. Aujourd’hui, il semblait avoir un peu rapetissé, son front s’était dégarni et ses cheveux étaient maintenant plus blancs que gris. Cela me fit comme une sorte de choc électrique. Moi, je n’avais pas vraiment changé. J’étais juste un peu plus adulte qu’autrefois.
Il semblait las aussi. Moins dynamique, moins fort. Ses muscles avaient quelque peu fondu pour redescendre sur son ventre sous forme de graisse. Bref, cela faisait bizarre de voir les gens changer alors qu’on ne change qu’à peine.
Kaai’to... Leevo… Eux aussi vieilliront, alors que moi je serais encore qu’un jeune adolescent androgyne. Peut-être aurais-je l’air d’avoir une trentaine d’année alors qu’eux en auront une soixantaine ? Cette pensée me fit froid dans le dos. J’étais donc condamné à voir ceux à qui je suis attaché mourir de vieillesse ? L’idée d’un remède me traversa l’esprit. On en faisait mention dans beaucoup de livres, des ingrédients qui auraient cette faculté mais personne n’a encore pu prouver cela. Peut-être… peut-être que je pourrais faire des recherches dans ce domaine là, oui…

Sur le moment, dans ma profonde réflexion, je n’avais pas entendu le brave homme me demander ce que je voulais. Il signala alors qu’il n’engageait personne, ce n’était pas son genre, il ne prenait que des esclaves. Je lui souris.

- Tu ne me reconnais donc pas ? J’ai travaillé ici longtemps pourtant, par rapport à d’autres esclaves.


Il fronça les sourcils et arrangea ses lunettes avant de s’approcher un peu. Ses sourcils se haussèrent.

- Si tu es celui que je pense… tu as vraiment changé ! Je te voyais plus… blond…. "Alouette", c’est toi ?

- En chair et en os !


Il semblait ravi de me revoir et vint même jusqu’à me serrer dans ses bras en tapotant mon épaule. Je n’eus aucune gêne pour lui rendre son étreinte : il ne m’avait jamais fait de mal et n’était pas de ces patrons qui couchent avec leurs esclaves. Bref, il arborait un grand sourire :

- Et comment tu vas ? J’ai vu que Gunar te recherchait… pourquoi ?
- Disons que c’est lui mon actuel propriétaire et qu’il n’a rien fait pour me donner envie de rester sagement dans ma cage ; je ne suis pas un oiseau très sage, tu le sais bien ! Et c’est entre autre pour cela que je suis sous cette apparence…

- Moui moui, m’enfin, j’ai racheter pas mal d’esclaves à ce type et ils ont tous l’air de lui en vouloir.
- Oh ne t’en fait pas… il paiera tôt ou tard pour tout le mal qu’il a fait… Sinon, tu continues ta formule habituelle ?

- Oui, oui, je continue d’affranchir les esclaves. J’aime pas les savoir à mon service comme ça… J’ai plutôt l’impression d’avoir des employés et de faire quelque chose de bien en même temps.

Je lui souris.

- Ce que tu fais es merveilleux, tu n’imagines pas à quel point tu as un grand cœur dans ce monde de brute.

- Ouais m’enfin… j’aurais préféré me lancer dans autre chose mais y’a que ça qui rapporte assez pour aider sans se ruiner.
- C’est pas grave, tu restes quelqu’un de bien.


Il en sourit, sûrement motivé par mes propos. Il avait semblé un peu ramolli après tout… Il me demanda si je voulais bien le dépanner pour l’après midi ; son barde –un esclave beaucoup trop jeune généralement pour être prostitué (il a des limites quand même !)- était malade. Et en tant que barde, personne n’avait le droit de me toucher.
Bref, comme il savait que j’avais une belle voix et que je m’y connaissais, j’acceptais volontiers. De toute manière, Leevo m’avait laissé un jour de repos parce qu’il avait quelque chose à faire et que j’avais terminé toutes mes tâches ménagères.

J’allais en vitesse chercher mon luth pour pouvoir jouer et enchaînait plusieurs musiques et chansons langoureuses, que je connaissais par cœur maintenant tant elles avaient été jouées quand je travaillais ici. Les jours où je travaillais en bas, en tant qu’Hôte, je chantais pour les clients, et ils me donnaient des pourboires : c’est surtout ça qui m’avait motivé à apprendre les paroles de ces chansons. Je chantais donc, laissant danser mes doigts sur les cordes tendues de mon instrument et battant le rythme de mon pied, suivi par quelques clients qui chantaient aussi avec un joli brin de fille ou de garçon sur leurs genoux.

L’ambiance se voulait si conviviale qu’on en oubliait presque qu’il s’agissait là d’une maison de passe où toute personne qui y pénétrait ne recherchait que le plaisir proscrit de la chair, sans attachement ni amour. Cela semblait être une auberge tout à fait sympathique, tout à fait normale, si l’on en omettait le fait que régulièrement des clients montaient à l’étage avec leurs trouvailles d’un soir.
Mais je m’y étais fait. Je n’étais plus un prostitué désormais. Je n’avais plus à monter à l’étage, j’étais libre. Et c’est avec un sentiment de soulagement que j’avais chanté jusqu’à en avoir la gorge sèche. Un des hommes m’avait offert à boire un vert de thé, pour entretenir ma voix. Il était bien sympathique et ça attira un peu de méfiance. Il me demanda alors, quand je fus reposé, si je voulais bien chanter une chanson pour sa Régulière.

Un petit sourire s’était très certainement dessiné sur mes lèvres parce que je sentais les petits picotements de la joie sur mes joues. Il était courrant que des hommes tombent finalement sous le charme de leurs Régulières et qu’ils aillent même jusqu’à tenter de les séduire. C’était une relation compliquée, instable même, mais souvent, ils accueillaient chez eux la jeune femme à son affranchissement. Certains les demandaient même en mariage ce jour là. Pour les plus extrêmes, ils allaient même jusqu’à se ruiner pour réserver la fille tous les jours, afin que personne d’autre ne la touche.

C’était une relation compliquée, mais c’était une relation magnifique à la fois.

Moi, je n’avais jamais eu la chance d’avoir quelqu’un qui m’entretenait de la sorte. J’avais certes de temps à autre des Clients Réguliers, mais comme j’avais des prix beaucoup plus élevés que les autres –j’avais coûté plus cher à l’achat et je n’aurais jamais su rembourser sinon- mes clients changeaient souvent, faute de moyen pour pouvoir me réserver souvent. Bref, je tombais sur des clients charmants qui me faisaient la cour comme je pouvais tomber sur de véritables ordures qui se contentaient de soulever mes jupes.

Je me sentais presque nostalgique dans cette pièce… Tous ceux que je connaissais étaient partis ; ils avaient été affranchis.

Lulu, la rousse espiègle qui me remontait le moral quand j’avais eu affaire à des brutes, me disait qu’un jour on irait manger les pommes bien rouges de l’épicier et qu’il ne pourra rien nous dire parce que ce sera notre propre or qu’on dépensera.

Sam, mon compagnon de chambre qui rêvait un jour de devenir un cordonnier hors pair, tellement connu qu’il chausserait les pieds des plus grands. Il avait toujours aimé les bottes, passait d’ailleurs son temps à en imaginer de toutes sortes.

Hannah, qui voulait devenir couturière, d’après elle, une femme se devait d’être belle, et pour être belle il fallait qu’elle soit le mieux habillée possible ; elle voulait faire des vêtements beaux mais pas chers pour les familles modestes.

Lola, une fétarde invétérée qui venait mettre de l’ambiance quand on était tous au plus bas. Elle, elle savait remonter le moral et voir le bon côté des choses n’importe quand.

Colombe, un jeune garçon aux cheveux blanc qui chantait à merveille. Monsieur Ahgill donnait des noms d’oiseaux comme titre de travail à ceux qui chantaient bien. Lui rêvait d’aller dans une chorale, au temple.

Tous avaient été affranchis. Je me demande ce qu’ils sont devenus…

Bref, le soleil commença à descendre tout doucement pour la nuit et je dus donc prendre congé. Je promis évidemment de revenir le plus vite possible.
J’étais allé voir comment se portait les affaires de Kaai’to ; il avait réussi à reprendre ses ventes de babioles et ça rapportait assez bien… Il avait même ressorti ses plantes exotiques séchées aux multiples vertus. Bref, la roue tournait enfin en notre faveur. Il m’indiqua aussi qu’un collis était arrivé, apporté par un coursier et envoyé par Driana. Il était accompagné d’une lettre. Il contenait une broche magique, à épingler sur un foulard ou un vêtement.

« Je sais que tu n’aimes pas dévoiler tes ailes au regard des autres alors voici une amulette qui te permettra de retrouver ta véritable apparence sous forme humaine.
Ton apparence d’antan, sans les cicatrices.

En espérant que ça te fasse plaisir !
Joyeux anniversaire

Driana »


J’en restais bouche bée. Mon anniversaire… je l’avais complètement oublié ! Je ne connaissais pas mon age exact mais… généralement je me débrouillais pour être tranquille le jour de mon anniversaire. C’était le jour où j’avais été adopté. Je jetais un regard incrédule à Kaai’to qui agita une paire de bottes toute neuve sous mes yeux.

- Joyeux anniversaire !



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[PV] De petites cachotteries... {Leevo} _
MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyJeu 30 Aoû 2012 - 14:10

Leevo Shellhorn

« Ah ! Oui, j'ai oublié de te dire quelque-chose avant de commencer tout à l'heure – IL Y A QUATRE HEURES – : il est possible que tu meures – SUCCOMBES. Désolé. Ça m'est complètement sorti de la tête. »
Ervin Shellhorn à propos des cachotteries.


***


Leevo avait donné sa journée à Aoi, prétextant qu'il avait des choses à faire.
De toute façon, qu'il lui ait donné sa journée ou pas ne changeait rien : l'elfe avait plutôt l'impression de le payer pour sa présence plus que pour son travail véritable et puis...
… Il se doutait qu'en son absence le séraphin prenait ce que les gens normaux appelaient « du bon temps ».
Il n'avait aucune idée de ce que ça pouvait bien vouloir dire, mais il était sûr que ça, plus que tout le reste, n'était pas solvable.
Alors autant lui donner sa journée, histoire qu'il aille prendre son « bon temps » ailleurs et sans prix.
De toute façon, le « bon temps » n'avait sûrement rien à faire dans un manoir placé sous le regard du Dieu des Songes et puis, s'il allait le prendre avec ce stupide mage, peut-être que l'un d'eux – pourvu que ça soit celui aux cheveux bleus – se ferait foudroyer par le Divin...

C'est avec ce genre de pensées qu'il se dirigea vers les grands et beaux quartiers de l'autre côté de la cité, après avoir passé les quelques heures habituelles à torturer son hérétique.
Il avait effectivement des choses à faire en ce bel après-midi, des choses qui nécessitaient qu'il se rende chez Dame Sillae, une amie proche de son ancien maître et une source de savoirs pour lui ; la noble Dame semblait parfois en savoir plus sur lui que lui-même.

Après la naissance des chatons et la découverte de ce qu'était qu'une maman et de la façon dont les êtres-vivants venaient au monde – ainsi que du fait qu'il n'avait jamais été un chat –, Leevo s'était mis en tête de découvrir qui était sa mère, s'il en avait vraiment une – mais a priori tout le monde en avait une, d'après Aoi –, et la seule personne en mesure de lui donner ces informations n'était autre que Dame Sillae.
Elle le connaissait depuis qu'il était petit et s'était de nombreuses fois déjà amusée à lui raconter des anecdotes sur lui desquelles il n'avait que des souvenirs vagues, flous et emprunts de magie.
Voire parfois des souvenirs desquels il refusait de se souvenir, au point qu'il se demandait s'il avait vraiment été là ce jour-là.

Mais cet après-midi-là, il était bien décidé à en savoir plus.

Le majordome l'avait conduit jusque dans le salon d’accueil où quelques serviteurs s'adonnaient à leurs tâches respectives.
De grandes tapisseries décoraient les murs de pierres, assorties aux tapis qui jonchaient le sol, en symbioses totale avec la couleur des toisons de la maison qui recouvraient tous les meubles.
On lui fit signe de prendre place dans un canapé rouge, donc, en attendant la maîtresse de maison, chose qu'il fit après avoir refusé la tasse de thé qu'on lui proposa.

Apparut alors une elfe, un seau rempli d'eau qu'elle portait à bout de bras dans une main et une collection de brosses dans l'autre.
Leevo l'observa venir, s'accroupir par terre et entreprendre de nettoyer les planches du sol.
Il se surprit lui-même en train de la décrire mentalement, cherchant quelques points communs avec lui ; une couleur de pelage identique, une absence de moustache peut-être...


- Bonjour, Shellhorn ! Quelle agréable surprise de vous voir me rendre visite en cette belle journée, je ne m'y attendais pas. Pardonnez ma tenue déplorable.

Dame Sillae descendait les grands escaliers en remettant son espèce de veste à froufrous verts en place.
Sa voix nasillarde sortit immédiatement Leevo de sa contemplation et le fit se lever d'un bond tandis que la cinquantenaire s'arrêtait dans sa descente pour se regarder dans un miroir et se recoiffer.


- Vous êtes encore venu à pied, j'en suis sûre, dit-elle. Je n'aime pas vous savoir traîner dans les bas quartiers avec tout ce qui s'y passe sans protection, vous le savez. La prochaine fois, envoyez-moi un courrier, mon cher, prévenez-moi de vôtre visite, je me ferai un plaisir de vous dépêcher ma voiture.

- Vous me connaissez, fit Leevo en reportant son regard sur l'elfe de maison qui, à en juger par la droiture de ses oreilles, écoutait la conversation.
Dame Sillae le rejoignit.


- Bien sûr. Je sais que j'aurai beau vous donner des conseils, vous n'en ferez toujours qu'à vôtre tête.

Il la regarda de nouveau.

- Je ne parle pas de ça. Je voulais dire : vous me connaissez depuis toujours.

- Euh... eh bien ! Oui, on peut dire ça comme ça, répondit-elle en s'asseyant, faisant signe au majordome d'apporter un plateau.

- Comment comme ça ? Il tourna de nouveau son attention vers l'esclave qui s'attelait à sa tâche plus fervemment depuis l'arrivée de sa maîtresse.

- Comment ça comme ça qu-... ? Oh. Vous le savez, mon cher, je vous ai vu tout petit elfe déjà. Et vôtre maître se confiait souvent à moi. Je vous en ai déjà parlé.

Il y eut un petit silence, comme un malaise.

- Je ne suis pas un chat, n'est-ce pas ?

La Dame resta interloquée. Elle avait beau reconnaître sans rougir que l'elfe avait une espèce de charme physique étrange et indescriptible, jamais elle n'aurait dit que ça avait un quelconque rapport, de près ou de loin, avec une ressemblance avec les chats.
Elle se souvint alors des problèmes de miaulement desquels lui avait parlé Ervin il y a longtemps.


- Hm. Non, vous n'êtes pas un chat. Vôtre maître vous l'a dit, n'est-ce pas ? Il vous a appris que vous étiez un elfe ? Vous n'avez pas oublié ce qu'il vous a ap-...

- Comment l'oublier, dit-il d'un timbre de voix indéfinissable qui laissa clairement imager de quelle façon son maître s'y était pris pour lui faire intégrer au plus profond de sa petite tête qu'il était un elfe.
Il attrapa ensuite la théière pleine que venait d'apporter le majordome et en observa les dessins en la tournant et la retournant dans ses mains.
Il ne savait pas du tout comment aborder le sujet qui l'intéressait.


- … J'avais... une maman elfe, dit-il finalement en lui jetant un regard par-dessus l'objet. Je crois.
Dame Sillae ne sut trop si c'était une question ou une affirmation. Elle attrapa sa tasse vide et la lui tendit.


- Certainement.

- … Avant d'être un chat.

- Vous n'avez jamais été-...

- Avant de n'avoir jamais été un chat. J'avais une maman elfe, il lui servit son thé, non sans fuir le regard bizarre qu'il sentait qu'elle lui jetait.

- Eh bien... Oui ? Comme tous les elfes, j'imagine – merci, j'en aurai assez. Merci ! Stop ! – où est-ce que vous voulez en venir ?

Leevo reposa la théière dans la flaque de thé qui jonchait maintenant la table basse. Il reposa son regard sur l'elfe qui était en train de le regarder et qui détourna les yeux aussitôt.

- Vous connaissez beaucoup de monde. Est-ce que vous la connaissez ?

La Dame porta sa tasse à sa bouche, histoire de cacher la gêne qui lui tirait les rides.
C'était donc ça.
Elle n'avait jamais craint que le petit esclave, devenu unique héritier de la fortune Shellhorn, ait pu un jour se soucier de savoir qui était sa mère.
Il n'aurait jamais dû le faire : l'éducation qu'Ervin lui avait donné aurait dû l'en empêcher ; il lui avait assuré.
Mais voilà que Leevo lui demandait si elle la connaissait et il était évident que oui ; sa mère avait été sa servante avant de tomber enceinte et si ça n'avait pas été le cas, elle serait encore-là à nettoyer le sol à la place de cette elfe.


- Non, mentit-elle. Pourquoi ça vous intéresse, soudain ?

Leevo se tourna vers elle. Elle s'empressa de faire disparaître ses yeux dans son thé.
Il ne savait pas lui-même pourquoi ça l'intéressait ; il avait été poussé par quelques instincts impossibles à réprimer et s'était retrouvé-là, à lui poser des questions bizarres.
Il haussa les épaules mais n'osa pas avouer qu'il n'en savait rien.


- J'ai cru qu'il était normal de la chercher. Ce n'est pas le cas ?

- Euh... Si, bien sûr que si. Si, oui. Je crois. Mais, écoutez, je ne crois pas que ça soit dans les attentes de vôtre mai-...

- Vous pouvez m'aider ? L'interrompit-il avant d'entendre des mots qu'il ne souhaitait pas entendre.

Elle jugea sa mine déplorable, avec sa non-expression naturelle, ce qui lui donnait un air d'elfe battu, triste et malheureux qui la toucha plus que de raison.


- Si vous y tenez tant, je pe-...

- Parfait. A bientôt.

Il tourna les talons et s'en alla, laissant la Dame hébétée.

***

Lorsqu'il rentra chez-lui, il faisait déjà nuit et l'idée qu'Aoi passait sa journée de congé avec le mage s'était déjà réinstallée.
La grande surprise de retrouver le soldat Ryan affalé contre le mur de son manoir, une bouteille dans une main et l'autre lui servant d'appui-tête de mauvaise qualité, coupa cependant le fil de ses pensées abjectes et envieuses.

Leevo s'approcha de lui et constata qu'il était saoul, non seulement à cause de l'odeur qu'il dégageait mais aussi grâce au simple fait qu'il se tienne devant chez lui : il n'y avait qu'en étant inconscient qu'on lui rendait visite.


- Soldat Ryan ? dit-il d'une voix assez forte pour le sortir de sa somnolence.

Le bougre sursauta et se renversa le contenu de sa bouteille dessus avant de marmonner et de se mettre à lui expliquer qu'il avait passé une journée de merde et que sa femme l'avait jeté dehors, lui et ses affaires, et qu'il n'avait pas trouvé de meilleur endroit où aller.
Et en effet, en regardant sa porte, Leevo constata qu'on avait essayé d'y faire entrer un canapé mais qu'on avait visiblement abandonné l'épreuve en cours de route.

Sans offrir aucune réaction, il vint s'asseoir aux côtés du soldat qui lui tendit sa bouteille.


- Et moi, j'ai une maman elfe...
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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Aoi Haandar
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Race : Séraphin aux ailes coupées
Classe : Guérisseur
Métier : Esclave fugitif, chanteur de rue
Croyances : Divinités de la Pluie et de l'Air
Groupe : Solitaire

Âge : 17 ans physiquement (une cinquantaine d'année en vérité)

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Fiche de Personnage : Ils le paieront tous...


[PV] De petites cachotteries... {Leevo} _
MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyJeu 30 Aoû 2012 - 20:43

Après une fête d’anniversaire mémorable –c'est-à-dire une grande fête avec les voyageurs qui me parlaient encore- sous le regard protecteur de mon cher amant bleuté, je me couchais quelques heures à peine avant de retourner au manoir. L’envie de mettre ma nouvelle broche me titillait l’esprit. Les ailes étaient à éviter de toute manière, mais si je pouvais être un minimum « moi », ça m’arrangerait un peu. J’en avais assez d’être sous cette couverture. Bref j’étais retourné jusqu’à la vieille bâtisse et y entrais pour découvrir un canapé placé au beau milieu du salon.

Oui, tout à fait normal…
J’ai tout de même passé la journée à réorganiser le salon hein, je tiens à le signaler !

Bref, j’avais ensuite pris soin de dépoussiérer tout le salon, sait-on jamais, et d’arroser les plantes dans le vestibule puis j’avais attendu que Leevo rentre, vu qu’il était absent, et il commença à me scruter de partout, inspectant le même recoin de ma tenue. Je sentais presque son regard toucher les endroits qu’il fixait tellement il avait l’air de prendre ça à cœur.
Ses yeux tombèrent alors sur mes nouvelles bottes toutes neuves, encore luisantes du cirage que je leur aie appliqué ce matin. Il n’en bougea plus. Vengeance… Il me fit remarquer que j’avais de nouvelles bottes. Je ne me privais donc pas du loisir de lui signaler que Kaai’to me les avait offertes pour mon anniversaire. Date qu’il n’avait jamais connue d’ailleurs. J’insistais sur le fait que c’était un cadeau. Son visage changea à peine d’expression. Zut !

Bref, la journée se passa dans une ambiance plutôt glaciale. J’en venais à regretter qu’il ne me parle plus. Je… je voulais le faire regretter son comportement mais je pense... - JE PENSE J’AI DIS ! – que je n’avais pas tout à fait changé de sentiments à son égard, j’étais toujours attaché à lui. Je pense, j’ai dis ! Rien n’est sur, ça dépendra de son comportement à venir !
Une fois mon travail accompli, je rentrais à la roulotte, pour mon jour de repos de fin de semaine.

--------

Deux jours étaient passés. J’étais à l’heure chez Leevo, comme d’habitude. Pourtant, quelque chose avait changé. Un grand changement d’ailleurs. Primordial même ; j’avais mis ma broche. Je me baladais paisiblement sous ma véritable apparence –sans ailes évidemment- sans avoir peur de rien.

Pas de capuche pour cacher mon visage.
Pas de rasage de mur intempestif pour éviter les magouilleurs.
Plus aucune affiche dans la rue avec mon faciès représenté au dessus d’une lourde somme d’argent.
Ce temps était révolu ; j’avais aimablement conduit Gunar jusqu’à une belle cellule qui n’attendait que lui, grâce à l’aide d’une perceptrice d’impôt.

Bref, il n’était plus là pour m’emmerder. Et j’étais libre à présent. Libre de me balader librement sans cette boule qui avait installé ses bagages dans mon ventre depuis des années.

Plus rien ni personne pour m’emmerder.

Une fois rentré j’enlevais ma broche, comme à mon habitude, puisque Leevo ne supportait pas la magie. J’allais nourrir la chatte qui miaulait de contentement en reconnaissant ma démarche. Elle trottina jusqu’à la cuisine où je lui versais un peu de lait dans un bol et déposais une assiette avec du poisson fraîchement acheté et dont on avait retiré les arrêtes. Bref, j’allais voir où était Leevo pour le trouver dans son bureau à lire des livres et réétudier ses fiches de lecture.

La matinée se passa normalement. Jusqu’à ce qu’elle arrive.
Oui. Elle.
Vous devinez très certainement de qui je parle.

Elle était arrivée dans une robe pleine de plumes, dentelles, froufrous, fourrures et breloques divers, pour afficher son rang social. Elle avait ses multiples couches de maquillage sur son visage, afin de cacher ses rides. Elle s’éventait avec un éventail tout aussi chargé que ses vêtements et son parfum eut tôt fait d’imprégner les murs de la maison. Elle manqua un arrêt cardiaque en me voyant pourvu d’ailes.

Parce qu’évidement elle était entrée sans avoir frappé.

- Mon… mon dieu, je ne vous avais .. que… Que… Pourquoi avez…

- Je suis un séraphin non ? J’ai récupéré mes ailes il y a un moment.

- Mais…. Mais alors vous…

- … Oui je suis le basané qui accompagnait Leevo. Veuillez patienter dans le salon, je vais aller le chercher.


Bref, je laissais la grande dinde avec son air stupéfait de tout être vivant qui se respecte qui aurait vu un fantôme ou quelque chose du genre pour aller chercher Leevo. Celui-ci alla en vitesse au salon alors que je me rendis en cuisine pour préparer du thé. Je reviens quelques minutes après avec une théière pleine de ce liquide brunâtre et bouillant que je versais dans une tasse pour la Dame. Elle sembla perturbée par mes ailes un instant, puis afficha un grand un drôle de regard, presque peiné.

- Avez-vous ouï dire que Sir Gunar est en prison ?

- Oui, c’est moi qui l’ai dénoncé aux autorités compétentes. On ne se moque pas de moi impunément… Ce n’est pas parce qu’on est esclave qu’on ne peut renverser son maitre.
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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyVen 31 Aoû 2012 - 23:49

Si Aoi cru que Leevo avait passé sa matinée à étudier des livres, il n'en était en fait rien.
En réalité, il l'avait passée à jouer sous le bureau avec les chatons, desquels il avait ramené le panier en cachette, et, comme ils étaient bien trop petits pour jouer, il avait plutôt passé son temps à leur raconter comment les choses se passaient dans la vie « normale ».
Il leur avait fait part de toutes ces expériences compliquées et bizarres qui la rythmaient afin de les préparer au mieux à y vivre, et s'était même retrouvé en train de se confier à eux, notamment à propos de cette histoire d'anniversaire et de nouvelles bottes.
Leevo était sûr qu'elles étaient magiques, simplement parce que c'était ce mage stupide qui les avait offertes au séraphin.
Mais il s'était bien tenu de lui faire part de ce petit détail qui lui hérissait les poils, tout comme il s'était retenu d'aller lui compter les dents lorsqu'il était revenu de sa journée de congé.
S'il s'en était empêché, ce fut seulement parce qu'Aoi lui avait permis de découvrir qu'il avait une maman elfe.
Il le précisa bien aux chatons.
Ça n'avait rien à voir avec une espèce de faiblesse ou de clémence vis-à-vis de la magie.
Encore moins avec un manque de preuve.
Il le précisa très bien aux chatons.

Il était en train de leur faire part de son avis sur cette stupide chose nommée « anniversaire » lorsqu'il entendit les pas légers, mais surtout le froufroutement horrible des plumes horribles des ailes exécrables d'Aoi, se rapprocher de sa chambre-bureau et avait alors bondi sur sa chaise et adopté une position qu'il estima être celle d'une lecture sérieuse et concentrée.
Et puis le séraphin lui avait annoncé la présence de Dame Sillae, et il avait plié ses parchemins, non sans se baisser une nouvelle fois sous le bureau, une fois le séraphin parti, pour susurrer aux chatons que la Dame avait certainement retrouvé sa maman elfe.
Il leur précisa alors qu'une maman elfe n'était pas une maman chat.
Il leur re-précisa ensuite qu'ils n'étaient pas des elfes et qu'il ne fallait surtout pas qu'ils s'amusent à le croire.
Et puis il se rendit finalement dans le salon, non sans un empressement joyeux qu'il eût bien du mal à dissimuler.

La vieille et outrancière noblesse était bien là, debout au milieu du salon mais visiblement mortifiée sur place. Elle avait les yeux rivés dans la cuisine et un air de profond abrutissement planté sur les multiples couches de son maquillage.
Qu'est-ce qui s'était passé ?

Sans s'autoriser à poser la question, Leevo remarqua que le canapé qu'avait laissé le soldat Ryan chez-lui n'était pas à sa place – c'est-à-dire : la place que lui lui avait choisi – et entreprit donc de le tirer au plus près de la cheminée éteinte.
Chaque fois qu'il tournait le dos, une odieuse magie s'amusait à déplacer le meuble et quelque-chose lui disait que les nouvelles bottes d'Aoi n'étaient pas toute blanches dans cette histoire.

Lorsqu'il fût enfin satisfait de la position chaotique du canapé dans le salon, il s'y lova comme le rêverait de faire n'importe quel chat – ou plus exactement : n'importe quel « elfe » – et écouta la conversation entre la Dame et le séraphin à propos de Sir Gunar.

Il déplaça ses yeux sur Aoi lorsque celui-ci avoua qu'il l'avait lui-même fait enfermer et le regarda encore plus profondément lorsqu'il en arriva à dire que les esclaves pouvaient renverser leurs maîtres.
Heureusement pour Leevo, la chatte vint se jeter sur lui et réclamer quelques caresses griffues à cet instant, ce qui lui permit de ravaler quelques commentaires à propos de la chaîne et du collier que le séraphin lui avait montré il y a plus de quatre ans – il partageait moins l'idée de faire emprisonner les esclavagistes que celle de leur faire payer au centuple les mêmes horreurs perpétuées sur les esclaves – et s'évita aussi de repenser au jour où Gunar était venu récupérer Aoi et à ceux où ce dernier avait refusé qu'il l'aide dans sa quête de vengeance.
Au lieu de tout ça, il se concentra sur les ronrons de l'animal.


- Hm. Oui. Je constate... J'imagine qu'il ne méritait que ça, après tout... après tout ce qu'il vous a... fait subir... et... les horreurs... et...

- Il aurait dû mourir, intervint quand même Leevo, moins par intérêt pour le sujet que par envie d'arrêter le balbutiement horrible de la Dame.

Celle-ci sembla enfin constater sa présence et son visage se décrispa.
Même si l'elfe n'était pas un être des plus normaux, à ses yeux, il l'était toujours plus qu'un ancien esclave désireux de vengeance, envers qui elle avait quelques petites choses à se faire pardonner, et, qui plus est, avait des ailes immenses dans le dos.
Ailes sur lesquelles elle reporta de nouveau son regard, pas rassurée du tout.

Leevo ressentit sa gêne.
Ou du moins, fut soudainement habité par un don d’extra-lucidité fulgurant.


- On s'y habitue vite, dit-il. Trop vite, ajouta-t-il à l'attention du séraphin, en lui jetant un regard plein de sous-entendus.

- Oui ? Ça ne doit pas être facile, quand même, de vivre avec des ailes dans le dos.

Elle s'adressait à Aoi, mais c'est Leevo qui lui répondit :

- Non. Ça ne l'est pas.

La Dame se balança sur ses pieds ; les réponses de l'elfe étaient toujours très succinctes, au point qu'elles faisaient souvent douter de l'utilité de la question.
Mais la cinquantenaire était certaine de préférer ça aux possibles piques du séraphin.


- En tout cas, je suis contente de voir que vous avez retrouvé vôtre ami. L'autre fois, quand je vous ai vu avec ce basané et que vous m'avez dit que c'était lui mais déguisé par la magie... Hihihi... Je vous ai pris pour un fou, j'avoue. Mais je suis surprise de constater qu'il n'en était rien. C'est bien dommage pour ce basané. Mais j'imagine que pour vous, Aoi, c'est une solution nécessaire pour pouvoir vous déplacer sans rien risquer. Mais maintenant que ce p-... maintenant que Sir Gunar est enferré, vous ne devriez plus avoir à vous cacher. C'est une nouvelle qui devrait réjouir tout le monde, n'est-ce pas, Shellhorn ?

Elle sembla croire en disant ça que la situation entre l'elfe et le séraphin était toujours la même et que plus rien ne pourrait venir ennuager leur avenir.
Elle se mettait un bon gros doigt plein de poudre dans son oeil plein de mascara.


Leevo posa la chatte par terre et reprit pied dans la conversation ; il se pencha au-dessus de ses genoux et regarda Aoi.
Il n'arrivait finalement pas à digérer le fait qu'il ne lui ait pas parlé de cette histoire d'emprisonnement.
Même s'il n'était « que » son employeur et que leur relation n'était plus la même, il pensait avoir le droit de savoir ce genre de chose qu'il estimait importantes, d'autant plus importantes qu'il lui avait juré de faire n'importe quoi pour l'aider à l'époque, qu'il lui avait offert une allégeance pareille à celle que donne un esclave à son maître et, même s'il lui aurait dit de ne pas y aller, de ne pas y aller seul, de ne pas y aller pour autre chose que pour le tuer... Il aurait aimé qu'il lui en parle.
Il lui parlait toujours de ce genre de choses, avant.

Quelques minutes passèrent dans un silence lourd tandis que l'elfe plantait son regard dans celui du séraphin, ou le cherchait.

Il reprit finalement la parole de cette voix froide et autoritaire qu'il ne se reconnaissait pas avoir, préférant entrer dans le jeu des secrets et des « chacun ses problèmes » lancé par Aoi :


- Je me réjouirai encore plus lorsque vous me direz que vous avez retrouvé ce que je vous ai demandé.

Sillae sursauta sur place, comme soudainement piquée à vif par les souvenirs.
Elle se rappela ce pour quoi elle était venue et s'empressa d'en faire part à son hôte.


- J'ai pris contact avec un bon ami à moi qui... euh... s'occupe de trouver du travail aux gens qui... euh... vivent... à l'extérieur de la ville... hm... enfin, peu importe, il connaît du monde, et notamment vôtre mère. Il m'a parlé du clan d'elfe d'où elle était – d'où elle est – originaire et il se trouve, mon cher, tenez-vous bien, que ce clan a un campement pile poil dans la jungle aux abords de Madorass. C'est une merveilleuse coïncidence, non ? Mais il n'est pas du tout sûr qu'ils y so-...

- Envoyez-leur un courrier.

- ...-ient en ce moment. De quoi ? Un courrier ? Dans la jungle ? Elle jeta un regard perdu aux alentours. Elle eut l'air surprise, comme prise de court.

- Un courrier de ce que vous voudrez. Où vous voudrez. Dites-leur de venir-ici.

Leevo parlait toujours de sa voix autoritaire et sans détour. Et il regardait toujours Aoi.
Il n'écoutait plus rien de ce qu'on pourrait lui dire, que Sillae ne veuille pas envoyer de courrier ou pas, que ces elfes soient à leur campement ou pas, peu importait : on avait retrouvé sa mère et il fallait qu'il sache.
Il fallait qu'il apprenne.
Il voulait savoir comment étaient les autres elfes.
Il devait apprendre comment se comportaient les elfes normaux, c'est-à-dire, pas ceux qui avaient cru être des chats et à qui on s'était contenté de faire intégrer à coup de bâton des « tu es un elfe » dans la tête.
Il voulait être un elfe pour de vrai.


- Mais... mais... mais... je... enfin... c'est... elle tourna ses yeux vers Aoi, le suppliant d'intervenir du regard.

Pour Leevo, la conversation était finie et il s'était déjà levé ; il était en train de partir quand la Dame ne trouva plus rien à dire et resta debout à côté du canapé, à attendre la suite de sa phrase.
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Aoi Haandar

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[PV] De petites cachotteries... {Leevo} _
MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptySam 1 Sep 2012 - 18:59

Je voulus rétorquer quelque chose quand j’entendis Leevo annoncer que la mort aurait été un meilleur châtiment pour Gunar. Qu’en savait-il ? La mort c’est trop doux. En quelques secondes le calvaire est fini. Le mien a duré plusieurs années alors il souffrira également plusieurs années, en propret qu’il est, au milieu des taulards. Bref, la dame sembla bien plus à l’aise maintenant que le maître des lieux était présent. Et le dit-maitre semblait avoir quelques réserves à mon égard… Il semblait m’en vouloir de ne pas lui avoir fait part de ce détail qui s’avérait tout de même important, sûrement.
Je lui avais dit que c’était à moi de régler cette affaire. Et puis, je n’avais pas envie qu’il m’arrête dans mon entreprise ; j’étais certain que c’est ce qu’il aurait fait.

La dame continuait de me dévisager des pieds à la tête, en s’arrêtant tout particulièrement sur mes ailes. Bref, elle n’était pas à l’aise du tout. Et je m’en trouvais étonnamment satisfait. Être effrayant pour quelqu’un alors qu’on a passé tant d’années à fuir les plus costauds que nous, ça avait quelque chose de très… gratifiant. Oui, bon, ce n’était peut-être pas ce qu’il y a de plus gentil et de plus sain comme réaction, mais essayez au moins de comprendre ! Leevo sembla d’ailleurs vouloir mettre son petit grain de sel, alors qu’il caressait le chat.


- On s'y habitue vite, trop vite, ajouta-t-il sur un ton qui se voulait mauvais, je suppose. Il me fixait d’un regard empli de hargne à l’égard de mes ailes. Pourquoi semblait-il autant en colère pour de simples ailes ? J’ai toujours été ainsi. C’est le fait de ne pas en avoir qui était anormal.

La noble sembla vouloir continuer sur cette discussion parce qu’elle y alla de son petit commentaire :

- Oui ? Ça ne doit pas être facile, quand même, de vivre avec des ailes dans le dos.

J’ouvris la bouche, prêt à répondre, mais un certain elfe ténébreux me devança ;

- Non. Ça ne l'est pas.

Je voulus lui donner une baffe. À l’instant même. Qu’en savait-il ?! Il parlait pour sa petite personne et pas en mon nom ! Monsieur n’aimait pas mes ailes alors Monsieur se croyait capable de pouvoir juger lui-même de mon état d’esprit à ce sujet ? Comment osait-il même penser répondre de cette manière si déplacée ? Il avait beau être un ex-esclave, il imitait le Maître à merveille.

- En tout cas, je suis contente de voir que vous avez retrouvé vôtre ami. L'autre fois, quand je vous ai vu avec ce basané et que vous m'avez dit que c'était lui mais déguisé par la magie... Hihihi... Je vous ai pris pour un fou, j'avoue. Mais je suis surprise de constater qu'il n'en était rien. C'est bien dommage pour ce basané. Mais j'imagine que pour vous, Aoi, c'est une solution nécessaire pour pouvoir vous déplacer sans rien risquer. Mais maintenant que ce p-... maintenant que Sir Gunar est enferré, vous ne devriez plus avoir à vous cacher. C'est une nouvelle qui devrait réjouir tout le monde, n'est-ce pas, Shellhorn ?

La bonne dame, bien naïve, semblait croire que nous étions encore aussi complice qu’autre fois. J’avais eu cet espoir moi aussi, alors qu’il semblait s’intéresser à moi et jalouser Kaai’to. Mais il n’en était rien. Il se fichait pas mal de moi, il ne supportait simplement pas que je puisse être à quelqu’un d’autre. Un délire de possessif.
Comment est-ce que je pouvais le savoir ? Est-ce que quelqu’un qui est vraiment attaché à moi me regarderait avec cet air dégoûté à longueur de journée ? Est-ce qu’il vous aurait fait tellement travailler que vos mains autrefois si délicates et douces en deviennent un champ à cloques ? Bref, la seule chose qui l’intéressait semblait être le fait que je lui « appartienne ».

Je lui en voulais. Il m’insupportait.
Mais si il m’insupportait, alors pourquoi n’arrivais-je pas à faire le deuil de ces heures, semaines et mois magnifiques passés à ses côtés ?
Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à le hair, comme j’ai haïs tout ceux qui m’avaient rejeté ?
Pourquoi je me sentais mal à chaque fois que je le repoussais froidement et que lui en faisait de même ?

Cet homme… cet elfe me fait souffrir.
Et pourtant, j’ai des sentiments pour lui.
Le genre de sentiments qu’on ne peut arrêter, qu’on ne peut freiner. Le genre de sentiments qui ont déjà poussé plusieurs de mes amants, traîtres et perfides qui se sont joué de moi, dans une belle caisse de bois, six pieds sous terre.

Ces Traitres sont morts maintenant.
Alors lui, est-il des leurs ?

Finalement, l’elfe parla, ce qui me sortit de ma profonde réflexion. Mais sa voix n’était pas la voix chaude et rassurante qu’il me réservait, fut un temps. Elle était glaciale et cassante.

- Je me réjouirai encore plus lorsque vous me direz que vous avez retrouvé ce que je vous ai demandé.

Il n’y avait plus de doute, il m’en voulait pour lui avoir caché mes plans concernant Gunar. Et il se débrouillait pour que je ne sois pas au courrant de ce qui se passe. Il voulait me faire payer, en quelque sorte.
Sillae semblait dans la lune, aussi lui fallut un temps avant de réagir ;

- J'ai pris contact avec un bon ami à moi qui... euh... s'occupe de trouver du travail aux gens qui... euh... vivent... à l'extérieur de la ville... hm... enfin, peu importe, il connaît du monde, et notamment vôtre mère. Il m'a parlé du clan d'elfe d'où elle était – d'où elle est – originaire et il se trouve, mon cher, tenez-vous bien, que ce clan a un campement pile poil dans la jungle aux abords de Madorass. C'est une merveilleuse coïncidence, non ? Mais il n'est pas du tout sûr qu'ils y so-..
- Envoyez-leur un courrier.
- ...-ient en ce moment. De quoi ? Un courrier ? Dans la jungle ?
- Un courrier de ce que vous voudrez. Où vous voudrez. Dites-leur de venir ici.
- Mais... mais... mais... je... enfin... c'est...

Elle se tourna vers moi, désemparée. Elle semblait chercher du secours. Quelqu’un qui le raisonnerait. Mais malheureusement, il y a belle lurette que je n’avais plus ce pouvoir là. Il faisait ce qu’il voulait et je n’avais pas à l’en empêcher, quoi qu’il arrive. Il lui avait demandé un service, elle n’avait qu’à le réaliser ! Surtout si le service incluait le fait d’avoir retrouver la mère de Leevo.

Si j’avais bien compris, lui n’avait pas été abandonné par sa vraie mère. Il devait alors avoir envie de la revoir.
Moi, si ma mère biologique avait le malheur de venir me voir, je lui arracherais les ailes comme elle me l’a fait à moi.
Ma seule et vraie mère était celle qui m’avait recueilli. Et elle était morte en même temps que ma liberté.

Sillae acquiesça alors et proposa d’organiser un petit dîner pour l’arrivée du clan elfe. J’acceptais avec joie et elle signala qu’elle m’enverrait un de ses jeunes commis pour qu’il m’aide en cuisine. Chose que j’appréciais, je ne me voyais pas en train de découper moi-même tous les légumes. Bref, sur ce, elle sembla bien contente de s’être retirer cet épineux problème de la tête et termina son thé avec un grand sourire, reluquant de temps à autre mon arrière train.

La cinquantenaire semblait avoir quelques penchants pour les jeunes hommes… ça en était particulièrement effrayant. Au bout d’un moment, elle décréta qu’elle avait du travail –c’est surtout, à mon avis, en voyant que Leevo ne la regardait plus, qu’elle prit cette décision- et je la ramenais alors jusqu’au vestibule, alors que l’elfe retournait à son bureau.
Elle me sourit largement, décidément heureuse d’être à nouveau dans notre cercle d’amis. Elle n’était peut-être pas si mauvaise que cela, cette noble… Elle aidait Leevo à retrouver sa famille après tout ; la famille était quelque chose d’important. Et si il pouvait retrouver la sienne, ça serait magnifique.

Je me grattais la nuque, cherchant quelque chose à dire :

- … Vous allez rendre un grand service à Leevo, vous savez ? Alors…
Je m’interrompis dans mes explications pour arracher quelques plumes de mes ailes, de celles qui étaient belles vers le milieu de l’aile, à l’extérieur, avant de les lui tendre. Je vous donne ceci en échange. Vous n’imaginez pas à quel point la famille est importante quand… on a été seul. Merci à vous.

Elle haussa un sourcil et prit les plumes. Je souris.

- Ce sont des plumes de séraphins. C’est très rare, vous savez ? Vous n’aurez qu’à dire que vous en avez fait l’acquisition durant des enchères privées. Il est bien entendu que ma nature d’être ailé doit resté un secret… n’est-ce pas ?


Une légère menace plana dans ma voix pourtant rassurante. Elle bafouilla quelques remerciements, émerveillée par les plumes qu’elle s’empressa de cacher sous son manteau et sortit.

Bien, ça c’est fait. Maintenant, Leevo.

Je me dirigeais jusqu’au bureau pour y entrer timidement. Il était temps de faire quelques excuses. Ce dernier semblait étonné de me revoir dans son bureau, alors que Sillae était partie. Je pris une grande inspiration avant de me lancer :

- J’aurais dû te dire, pour Gunar. Je pensais simplement que ce genre de choses ne t’intéressait plus. Je ne recommencerais plus. Je... te dirais ce genre de choses… à l’avenir.


Ses yeux s’agrandirent un peu et il sembla ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais… il fut interrompu par un miaulement. Je souris.

- Tu devrais un peu les laisser avec leur maman. Ils ont sûrement faim.


Et sur ce, je sortis.
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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyDim 2 Sep 2012 - 16:14

Les mots d'Aoi eurent plus d'impact que voulu sur l'ambiance du manoir ; ils permirent à l'atmosphère qui régnait ici de se dégeler un peu et, même si les discutions des jours suivants n'étaient pas spécialement plus longues ou plus profondes, des efforts furent faits et le changement, aussi minime fut-il, apprécié.

Leevo ne devint cependant pas plus gentil.
Il se contenta seulement d'être moins méchant.


***


- … et là, là, le mec il lui fait : « Oh ! Mais c'est chouette ! » … Hahahahahaaaaha !

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

- … c'est « chouette »... chouette ! Chouette, quoi ! … Tu connais pas les chouettes, ou quoi ? Faut sortir un peu, là ! C'est un oiseau ! Mais ça veut aussi dire...

- Laisse tomber, le Répugnant. Elle était nulle ta blague.

Ce soir-là, Leevo recevait quelques « amis » chez lui pour une partie de carte ; il avait ramené la table de la cuisine dans le salon et avait fait asseoir ses adversaires sur les premiers meubles qu'il avait trouvé, soit, le canapé, les deux fauteuils et la chaise de l'écritoire.
Tout le monde était installé à son aise autour de la table, ou du moins avait essayé, et tenait son jeu de carte à l'abri des yeux – ou pas – et leurs mises bien près d'eux.

Leevo était le seul à parier de l'or.
Kullos, dit « le Répugnant », qui se tenait à sa droite, misait des biens fictifs, tout comme son frère assis en face de lui.
Ilanaduvr et Kullos le Répugnant, deux hommes à la face jalonnée de cicatrices et à l'ascendant orc, se disaient propriétaires d'une entreprise aux buts non-lucratifs qui se proposait, entre autres, de déménager les biens des pauvres familles sur le point de quitter leurs foyers – ou poussées à les quitter après plusieurs visites inopinées – et les aidait à se débarrasser de toutes sortes d'objets encombrants desquels les gens n'arrivaient jamais à se séparer, soit parce qu'ils étaient trop précieux à leurs yeux, soit parce qu'ils l'étaient trop à ceux des autres.
Les tenues des deux frères laissaient en outre voir à quel point leurs affaires étaient florissantes, pourvu qu'on ne prête pas attention à l'odeur qui s'en dégageait, pareille à celle du soldat Ryan, avec en plus des relents d'humidité et de quelque-chose qui semblait pourrir au fond de leurs poches mitées.
C'était grâce – ou à cause – à l'une de leur visite de présentation de projet que l'elfe les avait rencontré.

A côté de Kullos se tenait d'ailleurs le soldat Ryan, déjà fin saoul, étendu sur la table, son jeu de carte étalé devant lui.
Il reprenait de temps en temps conscience pour se lever, détacher une partie de son armure et miser gros dans une partie qu'il était incapable de suivre.

En face de lui, il y avait Jaelle, qui, elle aussi, misait des parties de son armure, à la différence près que, plus elle misait gros, plus les bouts de tissus jetés sur la table étaient petits.

L'ambiance générale autour de la table était bon enfant ; chaque protagoniste usait de ses charmes pour déstabiliser ses adversaires, que ça soit en faisant des blagues ou en se penchant au-dessus des cartes pour mettre en évidence l'intérieur de son décolleté.

Leevo, pour sa part, n'usait d'aucun stratagème et était très concentré.
Il tenait son jeu à quelques centimètres seulement de ses yeux et jetait de temps en temps des regards suspicieux aux alentours avant de plaquer ses cartes sur la table et de crier : « Poker ! ».
Ce à quoi les autres répondaient généralement par des jérémiades à propos de règles pas respectées ou de n'importe quoi d'autre.
Mais ça n'avait pas franchement d'importance puisque, de toute façon, le jeu de carte était incomplet et certaines cartes uniques se voyaient quintuplées à cause des diverses modifications apportées par chacun des partis en secret mais, surtout, parce que les règles changeaient en fonction de la main de chacun.

En sommes, c'était juste un bon moment que tous les cinq passaient ensembles, même si les motivations des uns et des autres n'étaient pas forcément toutes « bonnes », voire plutôt tournées vers l'escroquerie et l'enrichissement facile, c'était quand même un moment passé ensemble et un moyen pour certain de boire du vin et de manger des cacahuètes à l’œil.

D'ailleurs, le sol était jonché de pelures et de bouteilles vides ; un bordel sans nom régnait dans le salon, lequel laissait croire qu'aucun petit séraphin ne s'était échiné la veille à essayer de ranger l'endroit.
Leevo avait prévu le coup : il avait donné sa journée à Aoi et lui avait exceptionnellement demandé de revenir le soir afin de ranger un peu ou de faire le service à table.
Malheureusement, la partie était déjà bien avancée – mais bien moins que la nuit et que le bordel –, dehors on entendait la pluie tomber, mais aucun séraphin n'était encore arrivé.

Du moins, jusqu'à ce qu'un sifflement retentisse dans l'oreille droite de l'elfe.


- Heeeeee ! Mais tu nous avais pas dit que t'avais fait venir une nouvelle copine !

- Fufofuuuuh ! Héhéhéhéhé ! Elle est toute mignonne dis !

C'était les deux frères qui avaient parlé, ou plutôt crié, et qui s'étaient levés, l'un sur le canapé, l'autre sur sa chaise.

- C'est sa servi-... ser... servitan... -teuse... euh...

Le soldat Ryan avait fait l'effort de redresser la tête avant de la refaire tomber.

- Je ne savais pas que vous étiez ce genre d'elfe, Shellhorn, dit la catin brune d'une voix à la fois mauvaise et chaude, en lançant un regard en coin à la nouvelle venue qui n'était personne d'autre qu'Aoi.

Quant à Leevo, il ne dé-fixait pas son jeu de carte.


Dernière édition par Leevo Shellhorn le Jeu 6 Sep 2012 - 3:33, édité 2 fois
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Aoi Haandar

l'Alouette aux ailes brisées

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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyDim 2 Sep 2012 - 17:30

Leevo m’avait donné ma journée, à mon grand étonnement. J’étais alors allé à la Cage aux Rossignols, sous ma véritable apparence. Pas sous ce déguisement à la peau mate et aux cheveux bruns ; mes magnifiques cheveux d’or étaient de retour.
Monsieur Ahgill m’accueillit dans une joie peu contenue en me serrant fort contre lui, les larmes aux yeux, avant de hoqueter qu’il était content que tout se passe enfin bien pour moi. Il avait appris que j’avais trouvé un travail dans une maison noble et que Gunar était à présent derrière les barreaux. J’étais un homme libre à présent.

Monsieur Ahgill est un homme bien et plein de compassion. Peut-être était-ce pour cela que je me permis de laisser quelques larmes de joie s’écouler le long de mes joues. Le genre de larmes qui réchauffent votre cœur et font monter en vous une vague de réconfort, pas de celles qui le glacent et le brisent. Et cela ne s’arrangea pas lorsqu’il m’offrit mon cadeau d’anniversaire ; il ne l’avait pas oublié… il ne m’avait pas oublié du tout. C’était déjà là un magnifique cadeau.
Il m’avait offert une paire de gants en cuir noir ainsi qu’un nouveau foulard de la même couleur. Un très bel ouvrage d’une qualité exceptionnelle. Je m’étais empressé de le remercier et, attendant que Kaai’to finisse sa journée, j’allais chanté pour les clients.

Certains me reconnurent et m’appelèrent par mon surnom. Ils s’étaient inquiétés pour moi en me voyant sur ces affiches. Mon cœur se serra d’avantage, face à ces paroles. On s’était inquiété pour moi alors qu’à l’époque je n’étais qu’un prostitué ; un amusement et rien d’autre. Enfin c’est ce que je me disais à l’époque. J’apprenais aujourd’hui que pour certains, j’avais été … important ? Ils avaient donc vu en moi plus qu’un simple objet ? J’étais… humain ?
Ils me posèrent tout un tas de question : ce que je faisais depuis que j’avais été affranchi, si j’avais un copain ou une copine… ces quelques personnes s’intéressaient à moi, alors qu’à l’époque je pensais que je n’étais rien. Oh c’était très certainement certain pour la majorité de mes clients mais le fait que quelques-uns m’apporte de l’intérêt était… rassurant ?

Je leur balbutiais que j’avais une roulotte et que je louais un entrepôt avec un ami pour l’y ranger. Que j’avais un travail dans une maison noble en temps que valet et que j’avais commencé à économiser de l’argent pour pouvoir ouvrir un cabinet de guérisseur. L’un d’eux sourit en se rappelant que j’en avais déjà parlé à l’époque.
Le fait qu’on se souvienne de moi autrement qu’une simple paire de cuisse à écarter me fit… le plus grand bien.

Bref, j’avais enchaîné les chansons, pour ensuite prendre congé et aller voir où en était Kaai’to. Le ciel commença doucement à se couvrir, alors que j’allais jusqu’au hangar. J’espérais simplement que ça ne se change pas en orage… Mais vu le craquement des articulations de mes ailes, une averse était à prévoir.

Je déteste les orages.

Le marchand était occupé à arranger une roue de sa carriole, qui s’était certainement délogée pendant le trajet. Je lui avais dit d’en faire faire une nouvelle ou d’au moins acheter les pièces cassées ! Mais évidemment, il ne m’écoutait jamais. Il me salua avant de sourire en remarquant que je portais ses bottes. Quelques gouttes se mirent à tomber et il s’excusa d’avance en disant qu’il avait trouvé un petit boulot de nuit et qu’il ne pourra plus être là, quand il y aurait des orages…

La nouvelle ne me rassura pas vraiment mais je lui certifiais que ça irait, qu’il n’y avait pas de soucis avec ça. C’était faux. Je détestais les orages et j’avais peur de rester seul dans ces moments là.
Pourquoi ? Disons que c’est de la faute d’un couple d’excentriques qui avaient autrefois été mes propriétaires. Chaque nuits d’orages, ils s’amusaient à jouer avec moi… Dès lors, à chaque éclair, je sens encore les coups de fouets sur ma peau, et le rire guttural de cet homme ventru… Ils ne me ménageaient pas et continuaient jusqu’à ce que je m’évanouisse. J’avais beau hurler ou me taire, fuir ou ne pas bouger, rien n’y faisait : ils étaient fous.
C’est aussi lors d’une de ces semaines orageuses mauvaises pour les récoltes que mon village fut rayé de la carte par cette bande de mercenaire. Que ma famille a été tuée. Que j’ai perdu ma liberté et mon honneur.

Depuis lors, je déteste les orages.
Et pourtant, je savais aux visages des nuages qu’ils en préparaient un beau.

J’avais aidé Kaai’to à réparer sa roulotte avant de me rendre au pas de course jusqu’au manoir, me protégeant de l’averse sous mon manteau. Les nobliaux se protégeaient sous des parapluies hors de prix faits de fanons de créatures marines… et le commun des mortels se contentait d’un chapeau ou de son manteau. La nuit avait bien avancé et le sol se fit glissant ; j’eus à ralentir ma course quand, enfin, j’arrivais à la maison.

Leevo avait organisé une partie de carte avec des amis et m’avait demandé de revenir histoire de nettoyer et de ranger un peu.

Un peu, qu’il avait dit.
Le manoir était une vraie porcherie. Et en plus de ça, ses amis semblaient être de parfaits idiots, vu le sifflement peu élégant qu’ils m’offrirent à mon arrivée.

- Heeeeee ! Mais tu nous avais pas dit que t'avais fait venir une nouvelle copine !


- Fufofuuuuh ! Héhéhéhéhé ! Elle est toute mignonne dis !

Quels porcs… avec une mine de dégoût, j’allais accrocher mon manteau au crochet adéquat et j’entendis ce poivrot de soldat m’annoncer comme étant la servante. J’étais un homme ! Un homme avec des bijoux de famille, comme eux !
La seule femme présente autour de la table ouvrit enfin la bouche.

- Je ne savais pas que vous étiez ce genre d'elfe, Shellhorn..


Elle pouvait bien parler ! Une putain au rabais qui faisait certainement le trottoir prêt des auberges mal famées… Je pris sur moi pour rester calme et m’inclinais simplement devant tout le monde avant de me mettre à ranger tout ce désordre ; détritus, cadavres de bouteilles, pelures de fruits… tout cela sous le regard plein de malice des deux ignobles bonhommes. Leurs têtes me disaient quelque chose. Où est-ce que je les avais vu, ces deux zigottos… ?

Bref, la catin pouffait de rire dès que je faisais un geste, et j’avais beau jeter des regards à Leevo lui intimant de lui faire fermer sa petite bouche à… herm.. enfin de la fermer, en somme. Je disparus alors quelques instants en cuisine pour préparer des toasts et les ramenait avant de demander à chacun si il en voulait un. Les deux idiots me regardaient encore en se marmonnant des choses entre eux, alors que le soldat dormait à point fermé sur la table.
La putain prit alors un toast et croqua dedans.

- Ton serviteur est bien serviable, Shellhorn. Il a été bien éduqué dit-moi… Mais je suppose que les nobles se doivent d’avoir des employés… respectables ?
Dit-elle, avec une pointe de moquerie. Où est-ce qu’elle voulait en venir, la greluche ? Elle me disait quelque chose elle aussi. Elle ne travaillait pas dans la maison close rivale à celle de Ahgill ? Bref, passons, c’était une idiote.

Leevo se contentait de crier « poker » par moment et il y avait alors un long débat sur le fait qu’il trichait tout ça… Et ça se finissait par quelques ordures de plus à terre.

Chouette soirée…
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Leevo

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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyDim 2 Sep 2012 - 18:40

Leevo ramassait ses gains sans se soucier des appels oculaires d'Aoi, ni du fait qu'il n'avait plus ses ailes en restant malgré tout blond, ni des remarques que pouvait faire Jaelle et encore moins du bordel que pouvaient foutre les deux frères.
Tout allait pour le mieux.
Même si le contrôle de la situation lui échappait totalement ; comme ç'avait souvent été le cas en quatre ans de soirée de cartes.
Mais il s'en contre-fichait éperdument : il était en train de gagner.

Il redistribua les cartes sans que plus personne n'ait vraiment la tête à jouer – à part lui – et se replongea dans sa concentration intense et la prévisualisation de sa victoire.

Les deux frères imbéciles ne quittaient pas le séraphin des yeux et se donnaient de grosses tapes par dessus la table tout en se rinçant lourdement les yeux ; le soldat Ryan ronflait gaiement dans son coin et la catin s'amusait à lécher langoureusement le goulot d'une bouteille de vin en observant les moindres faits et gestes d'Aoi.
Bouteille de vin qu'elle prit un malin plaisir à poser par terre et à pousser du pied jusqu'à l'autre bout du salon.


- Oups ! Elle m'a échappé des mains, désolée... dit-elle d'un ton mielleux avant d'attraper des cacahuètes et d'en laisser tomber les épluchures à ses pieds. Je plains les servants, parfois, franchement. Ça doit être un travail d'une chianteur... Passer sa journée à ramasser des miettes ou à surveiller les grains de poussières... Rien de bien passionnant. C'est à se demander pour quoi on les paie, non ?

- Bahaaa ! C'est pour ça que c'est un travail de femme !

- Parce que tu crois que se tenir debout à côté d'une poutre en remontant ta jupe c'est plus passionnant, peut-être ?

La belle brune fit la moue avant de jeter l'arachide qu'elle venait de décortiquer par-dessus son épaule.

- C'est toujours plus aventureux et romantique que se la couler-douce sur un sofa en se faisant masser les pieds dans l'attente du beau prince ténébreux qui viendra vous sauver de cette misérable vie, comme ces dindes de la Cage aux Rossignols.

- Poker !
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyDim 2 Sep 2012 - 19:29

Alors que j’épluchais une pomme pour ces messieurs les Horribles, je tournais calmement ma tête vers la putain de service, outré de ce qu’elle avait pu raconté sur la Cage aux Rossignols. Comment osait-elle me défier de cette manière, la petite pouf.. Erm… Restons calme… Bref, je plantais d’un coup sec le couteau dans la pomme histoire de me calmer, afin de lui sourire.

- C’est sur que de se faire tringler par toute la ville c’est plus amusant n’est-ce pas… ? Au moins, ça vous occupe, c’est comme une collection ; y’en a toujours plus.

Je me coupais une tranche de pomme alors que les deux zouaves qui servaient d’amis à Leevo éclatèrent de rire devant l’air offusqué de la brunette. Elle sembla vexée, presque aussi énervée que moi. Quand on me cherche, on me trouve.

- Qu’y connaissez-vous donc de cet endroit ? Seriez-vous par le plus grand des hasards l’un de ces esclaves que cet idiot de monsieur Ahgill a affranchi ?


Les mots furent trop forts pour être pardonnés. Elle n’eut que le temps de retirer sa main, alors que je plantais le couteau dans la table.

- Vous n’avez pas à parler de Monsieur Ahgill de la sorte ! C’est un homme bien, au grand cœur, et plein de compassion !


- Il se remplit les poches oui…


Je souris, mauvais.

- Une putain au rabais ne peut pas comprendre ce genre de choses j’imagine. C’est vrai qu’il y avait des réductions sur les prix à la fin de la semaine dans l’établissement où vous travaillez, me trompe-je ? Y avait-il des … baisses de régimes au niveau des performances ?


L’un des deux idiots se leva alors de sa chaise en me pointant du doigt, dans un cri de joie que je n’eus jamais soupçonner possible vu sa tête de cochon. Il tapota l’épaule de son frère, cherchant à attirer son attention et baragouina quelques paroles incompréhensibles.

- Mais si, mais si ! Il travaille chez Monsieur Ahgill !

- Hein ?
- Mais siii ! Avec une robe noire là… Celui qui était cher ! Comment qu’il s’appelait déjà… ?


Je déglutis. Voilà où je les avais vu ! Ces deux idiots venaient discuter avec moi en espérant que je baisserais mes prix pour eux, parce qu’ils n’avaient pas assez. Ils venaient au moins tous les jours pour ne discuter ne serait-ce que quelques minutes avec moi et m’offraient souvent à boire, en espérant que je sois assez éméché que pour leur offrir la nuit gratuitement. Malheureusement pour eux, je n’acceptais pas l’alcool, ni les hallucinogènes.

La dévergondée brune ricana avant de finalement réagir.

- Et bien je pense qu’il s’appelait… Alouette. Un jeune garçon efféminé qui était réservé à ceux qui avaient une bourse bien garnie. Une poule de luxe. Me trompe-je ?


Je grommelais à l’affirmative.

- Et bien j’espère que le service suivait le prix… C’aurait été une belle arnaque que de payer le prix fort pour une performance médiocre.


Je ricanais :

- Dit celle qui accepte les pièces d’argent et de bronze...

Elle souffla, visiblement énervée par le fait que je ne me laissais pas marcher sur les pieds. Leevo, lui, restait concentré sur ses cartes. Bref, tout un beau bordel autour de lui ne le dérangeait pas plus que ça, apparement.

- Mmmh… quelques de vos prétendants avaient payé un barde pour vous écrire une chanson, n’est-ce pas Alouette ? Comment ça allait déjà… ?


Les deux zigotos sortirent alors de leurs délires et entonnèrent fièrement la chanson, qu’ils connaissaient apparemment par cœur :

Alouette
Je te ferais bien ta fête.
Je te matte avec envie
Depuis trois semaine et demi

On se connait pas encore
Toi et moi
Mais si tu viens
Ce sera bien.

Alouette ! Alouette !
Gentille Alouette !
Alouette !
Je suis dingue de ta silhouette.

On m'avait conseillé
Cet hôtel si particulier
Faut dire que j'ai quand même
Des goûts bien singuliers

Alouette ! Gentille alouette !
Je suis dingue de ta silhouette.

Alouette, Alouette
Je suis dingue de ton cul et de tes couettes

Tes yeux marrons couleurs noisettes
Me font durcir la baguette
Et ton superbe profil droit
Me donne juste envie de toi

Je me suis dit
Celui là si je l’attrape il va crier toute la nuit !

Alouette ! Alouette !
Gentille Alouette !
Alouette ! Je suis dingue
De ta silhouette.

Alouette, Alouette
On est tous là pour dire que t'es chouette.
T'es comme une calèche de sport !
T'es accueillant et tout confort!
T'es notre petit préféré
Notre mignonne, notre poupée
Sans toi on serait juste largué !

Alouette, Gentil Alouette !
Mignonne alouette !
Dommage que t'es pas de lunettes !
Ça te donnerait un côté chouette !
Gentille alouette !
Je te prendrais bien en levrette !
Mignonne alouette !

… Là, de suite, si j’en avais eu l’occasion, je me serais caché sous la table.
Mais ça ne se fait pas.
En effet, quelques-uns de mes Réguliers et de mes prétendants s’étaient cotisés pour payer un barde afin qu’il compose une chanson en mon honneur. A l’époque je devais faire bonne figure et dire que j’étais flatté qu’on écrive une chanson sur moi…
… Honnêtement, elle me rappelait plutôt qui j’étais à l’époque. Une petite catin soumise.

- Et bien… voilà qui est cocasse… En levrette hein … ?


- Au moins, à moi on m’a écrit une chanson. Y a-t-il seulement un seul de vos clients qui se souvienne de votre nom ? Et puis de toute façon je n’y travaille plus. J’ai été affranchi.

Nos regards semblaient tout deux lancer des éclairs. Malheureusement, nous fûmes interrompus dans notre joute par l’un des deux idiots :

- Mais… On t’y a vu, tantôt, à la Cage aux Rossignol. Tu y travailles encore alors ! Sinon pourquoi tu y serrais retourné ? .. Tes tarifs ont baissé?

Oups..
Leevo posa alors ses cartes. Mais il ne s’exclama pas « Poker ! » cette fois. Il me fixa plutôt.

- … J’étais simplement aller rendre visite à Monsieur Ahgill ! Rien de plus !




Spoiler:
 




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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyLun 3 Sep 2012 - 2:45

- Mais… On t’y a vu, tantôt, à la Cage aux Rossignols. Tu y travailles encore alors ! Sinon pourquoi tu y serrais retourné ? .. Tes tarifs ont baissé?

Leevo posa ses cartes.
Mais ce ne fut pas pour crier « poker ! » cette fois-ci mais bien pour fixer Aoi, qui s'empressa de se justifier :


- … J’étais simplement aller rendre visite à Monsieur Ahgill ! Rien de plus !

L'un des avantages, quand on a une ouïe aussi perfectionnée que celle des elfes, c'est de pouvoir entendre le bruit dans le bruit lui-même et, son gros désavantage, c'est aussi de pouvoir entendre le bruit dans le bruit lui-même.

Leevo n'avait alors rien manqué de la conversation malgré tous ses efforts de concentration ; pire encore : il n'avait pas loupé un seul des couplets de la chansonnette ni un seul des derniers mots lâchés par Ilanaduvr, lesquels trouvèrent une place toute chaude au fin fond de sa tête.

Celle-là affichait en outre un air des plus froids qui n'avait rien à voir avec un essaie déplorable de face inexpressive nécessaire au bluff lorsqu'on joue au poker.
C'était sa face ordinaire.
C'était aussi la face qu'il prenait lorsque quelque-chose le chiffonnait.

Il avait les mains posées à plat sur la table maltraitée et attendait que le silence se fasse de lui-même ; chose qu'il faisait chaque fois que ses soirées de carte dégénérées trop, notamment à partir du moment où Jaelle se retrouvait sur les jambes d'un soldat Ryan nu comme un ver.
Mais ce soir-là, il n'eut pas à battre la charge sur le bois avec ses doigts de métal, ni non plus à se racler la gorge, ni non plus à sortir son coutelas, et encore moins à se mettre à briller pour réinstaurer le calme au sein de sa maison.
Il se réinstaura tout seul dès lors qu'un flash de lumière éclaira tout le manoir jusqu'alors plongé dans une moitié de pénombre et qu'un bruit tonitruant enveloppa tous les sons mêlés du manoir et fit vibrer les fenêtres.
Dehors, l'orage avait fait son entrée.
Dedans, tout le monde s'était figé.

Et le silence qui s'instaura alors fut si lourd et si sauvage qu'il réveilla le soldat Ryan, lequel se gratta la tête dans son coin, le temps de remettre à jour quelques données personnelles à propos de son identité et de son environnement.

Au lieu de poser son regard sur chacun des individus présents afin de s'assurer qu'ils aient bien tous retrouvé leurs esprits et qu'ils étaient tous prêts à se la fermer comme de bien convenu, Leevo garda ses yeux irrémédiablement braqués sur Aoi, alors que la symphonie de l'averse menait déjà sa bataille contre les fenêtres.


- J'ai entendu parler d'une cage ? Dit-il enfin, ce qui eut pour effet de déclencher un nouvel éclair dehors et un nouvel ouragan de paroles confuses dedans.

Tout le monde y alla de bon cœur pour expliquer ce qu'était que la Cage aux Rossignols, qui était son propriétaire monsieur Ahgill et quelle espèce de personne traînait là-bas, en prenant évidemment soin de donner son avis sur le sujet et, bien entendu, tous en même temps.
Kullos se remit à entonner un peu de la chansonnette, alors qu'Ilanaduvr se rappelait les prix exorbitants des dames là-bas et cherchait à avoir des explications auprès du séraphin, tandis que Jaelle crachait sur quelques sombres histoires d'honoraires et de monopolisation du marché – des trucs de catins, en jugea Leevo – et le soldat Ryan... eh bien, il était en train de se demander à voix haute où est-ce qu'il avait bien pu voir la tête d'Aoi.
Et Leevo les entendit tous.
Il entendit chacun de leurs mots, tous à la fois.
Et il ne comprit rien puisque ses oreilles abandonnèrent en cours de route et se mirent à siffler aussitôt qu'un nouveau coup de tonnerre tronçonna l'atmosphère.

Il s'attrapa alors l'arrête du nez et s'interdit de s'étaler sur la table pour s'y rouler de douleur.
Il se contenta d'y frapper d'un poing fort qui la souleva suffisamment pour faire sursauter tout le monde et tomber quelques cacahuètes et bouteilles qui se brisèrent par terre.

L'elfe se leva ensuite, non sans s'attraper la tête d'une main, et prit la direction de la porte d'entrée vers où il fit signe à tout ses invités de se diriger.
Certains d'entre-eux objectèrent, dirent que la partie de carte n'était pas finie ; d'autres utilisèrent l'excuse du temps pour rester au moins jusqu'à la fin de l'averse.
Tous ne désiraient en fait qu'une chose : pouvoir profiter de la naïveté de l'elfe afin d'avoir un pieu confortable où dormir ce soir.
Mais leurs excuses ne prendraient pas ; elles n'avaient jamais pris : Ilanaduvr et Kullos avaient tenté de lui faire croire qu'il devait payer leur simple présence dans ce lieu, prétextant que celle-là obligeait l'expertise de ses biens ; Jaelle, sans doute la plus perfide, avait tenté de lui faire croire qu'il devait lui reverser de l'argent pour qu'elle utilise sa maison comme lieu de passe, ou pour qu'elle lui dispense quelques cours avancé sur l'anatomie humaine et les plaisirs du commun des mortels et, comme ça n'avait pas marché non plus, avait essayé en dernier recours de lui faire payer leurs conversations.
Mais ça n'avait jamais pris et c'est en sachant bien ça qu'ils se réunirent tous dans le vestibule et continuèrent à maugréer, à râler, à supplier qu'il les laisse rester encore un peu.
Alors Leevo leur ouvrit la porte, histoire de leur rappeler qu'il n'y connaissait vraiment rien aux mœurs communes et qu'il se fichait bien de savoir que la pluie et l'orage mouillaient et apportaient diverses maladies, qui elles-mêmes conduisaient à la mort.
Donc ils sortirent de chez lui et se retrouvèrent sous une averse démente.

Seul le soldat Ryan restait sur sa chaise, mais il suffit d'un regard pour qu'il se dirige à son tour vers la porte, en chemise et en caleçon.

Leevo lui claqua la porte dans le dos et prit soin de la fermer – c'est-à-dire qu'il bascula l'armoire par-dessus, sans se soucier des flaques d'eau qui imbibaient déjà le sol – et se retrouva à nouveau seul avec Aoi, dans un calme rythmé par les bruits de l'orage, de la pluie et du vent dehors.

Il revint près de lui, non sans enfin réaliser qu'il n'avait plus ses odieuses ailes dans le dos et non sans croire que le séraphin avait enfin pu entendre ses pensées à leur propos et avait enfin décidé de se les arracher.
Jusqu'à ce qu'il voit sa nouvelle broche qu'il suspecta aussitôt d'être magique, ce qui lui fit ravaler toute sa surprise et sa joie : encore une babiole stupide créée par ce stupide mage stupide afin de rendre la vie encore plus stupide...

Avant de se lancer dans la rupture du malaise ambiant qui s'était réinstallé avec le départ de tous ces fous, et peut-être bien aidé par le traumatisme secret d'Aoi vis-à-vis des orages, il fit des yeux le tour du bordel causé par la soirée et ramassa une bouteille qui traînait non loin de sa portée pour la poser sur la table, plus histoire de fuir l'attention d'Aoi que par réelle envie de commencer à ranger.
Il se rendit hélas bien vite compte que son geste était encore plus bizarre que le comportement qu'il aurait pu adopté et il se tourna vers lui, surprit une nouvelle fois de ne pas voir les deux affreuses en arrière plan.

Il aurait pu commencé par lui demander si toute cette histoire était vraie, mais le séraphin avait déjà avoué.
Il ne fallait jamais rien avouer à un inquisiteur : souvent, les aveux avaient le malheur d’aggraver la situation de leurs propriétaires, peu importe leurs contenus et leurs valeurs.
Leevo était profondément déçu d'apprendre – une nouvelle fois – de la bouche des autres ce qu'Aoi avait fait, d'autant plus qu'une fois encore ça semblait avoir un lien avec son passé d'esclave, chose importante alors, puisque Leevo en avait également été un et aurait fait n'importe quoi pour aider son confrère à ne pas revivre éternellement ces souvenirs.
Mais ça n'était pas le pire.
Le pire, c'était que les trois autres avaient parlé de travail et que, jusqu'à preuve du contraire, Aoi travaillait ici, chez lui et pour lui, et il pensait le payer – à présent – assez bien pour qu'il n'ait pas à aller faire des trucs de catins dans des « cages » pourries et insalubres... et avec des personnes qui n'attendaient que ça.
Il pensait en outre assez bien le payer pour que leur relation d'employer-employeur soit plus sincère et se passe de promesses lâchées comme ça, sans profondeur aucune et juste pour calmer le jeu.
Mais visiblement, encore une fois, les promesses n'engageaient que ceux qui y croyaient et, cette fois-ci, Leevo eut beau y croire, celle qui était sortie de la bouche d'Aoi il y a quelques jours à peine n'avait engagée personne.

Un air de profonde incompréhension passa sur le visage de l'elfe tandis qu'il essayait de trouver un moyen d'aborder le sujet, si possible sans se mettre à briller d'un coup et sans avoir envie de lui attraper la gorge pour la lui rompre à cause de tout ses mensonges, de toutes ses paroles en l'air et de tout ses actes qui révélaient finalement de sa personne autant de mocheté et de laideur que ce qu'on pouvait trouver dans celles des escrocs qui venaient de quitter son manoir.

Il se contenta finalement de lâcher un fatigué... :


- Je ne te paie pas assez, c'est ça ?

… Seule phrase logique qu'il parvint à formuler.
Après tout, Aoi était revenu pour l'argent ; jusque-là, rien, à part ses propres dires, n'avait prouvé le contraire ; d'ailleurs, il n'avait pas hésité à très vite retrouver du travail lorsqu'il avait fui ses obligations la première fois, comme si ça n'avait pas d'importance d'être avec lui, contrairement à ce qu'il avait pu lui dire.
Rien, même pas ses actes, ne prouvait qu'il était venu pour autre chose que l'argent.
Mis à part cette histoire de maman chat.
Mais elle avait été suivie d'une déception, et puis d'une promesse, et puis d'une nouvelle déception.
Et finalement, rien, même pas dans les paroles d'Aoi, n'avait prouvé qu'il était venu chercher autre chose que de l'argent ici, tout simplement parce que ses paroles étaient vides de tout ce qu'elles avaient pu contenir il y a quatre ans.
Et ce même si Aoi paraissait toujours être le même qu'en ce temps.

S'il voulait le protéger et le sortir de l'emprise de ce mage, Leevo ne pourrait pas se contenter d'accepter des conditions de travail meilleures : a priori, le séraphin ne se gênait pas pour en profiter et aller trouver de l'argent en plus, ailleurs, et malgré tous les efforts qu'il pouvait faire.
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Aoi Haandar

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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyLun 3 Sep 2012 - 11:42

Je l’avais déçu. Pourquoi ? Je n’en savais rien, mais il semblait plus que déçu. Le manoir était redevenu incroyablement calme depuis que tous ces zouaves avaient quitté les lieux. Il en était même trop calme. Et la quiétude avait de cela de mauvais qu’on entendait bien mieux le grondement du tonnerre ; j’avais à me forcer pour contenir mes sursauts et tremblement.

Le regard que Leevo posait sur moi était tout nouveau. Et bien pire que les autres : il était las. Fatigué de toutes ces histoires. Fatigué de ne pas comprendre. Fatigué de tout ce que j’avais bien pu faire qui lui déplairait.

Fatigué de moi.

Ma gorge s’était serrée et une boule, qui avait pourtant disparue depuis l’arrestation de Gunar, s’installa au creux de mon ventre. La situation m’échappait plus que jamais. Jamais parce que j’avais toujours eu la situation bien en main avec mes amants, je n’avais jamais eu aucun problème. Mais… je suppose que Leevo n’est pas un amant comme les autres.

- Je ne te paie pas assez, c'est ça ?

Je ne pus répondre. Ma gorge était beaucoup trop enserrée pour pouvoir lui dire que tout cela ne voulait rien dire, que je n’y travaillais plus. Bien sûr qu’il me payait assez ! Même trop par moment ! Pourquoi n’arrivais-je pas à lui dire ce que je pensais vraiment ?
Il avait l’air de me voir comme un profiteur, un escroc. Un beau parleur qui se jouait de lui. J’étais… attristé de l’apprendre. Je pensais qu’il comprendrait que l’argent n’était qu’un prétexte pour rester dans ce manoir. Je pensais qu’il y verrait clair. Mais Leevo est Leevo et les sous-entendus n’étaient pas son fort.

Alors pourquoi n’arrivais-je pas à le dire ?

Plus ma réponse tardait et plus le tonnerre se fit bruyant, ajoutant ainsi plus de volume à la boule qui grandissait maintenant dans mon ventre. Il fallait que je dise quelque chose. Il fallait que je trouve au moins quelque chose de rassurant à lui dire, lui certifier que je vais bien et qu’il ne s’agit pas d’argent. Et ce tout simplement parce que j’avais l’impression que si je ne disais rien…

… j’allais le perdre. Définitivement.

Je pris alors mon courage à deux mains. D’une poigne de fer.
Les larmes naissaient à mes yeux mais je les ignorais. J’avais besoin de force.
Passant outre le tremblement de mes lèvres, je me décidais à parler, enfin :

- …. Ce n’est pas ça… je n’étais allé que rendre visite à Monsieur Ahgill et… et j’ai joué un peu de Luth pour... enfin pour m’amuser ; ce n’était pas un travail.. dis-je, bafouillant et mâchant mes mots, m’efforçant de ne pas craquer. Je… j’aime beaucoup rester au manoir, avec toi… et tu es toujours quelqu’un de spécial, pour moi.

Je m’approchais doucement, par quelques pas incertain, de l’elfe. Il semblait toujours aussi las, mais douteux à la fois. Il ne me croyait pas. Il ne me croyait plus. Après toutes ces cachotteries, j’avais perdu sa confiance. Je le perdais, je le perdais ! Les larmes se firent alors plus nombreuses à la barrière de mes paupières. J’avais tout gâché ! J’avais tout gâché !

Il fallait que je réagisse ! Que je fasse quelque chose !
Quelque chose… de spécial.

Prenant mes angoisses et mes préjugés à deux mains, les enfermant ainsi dans un petit recoin de ma pensée, je saisis délicatement son visage, prenant garde à ne pas toucher ses cicatrices. J’approchais alors doucement mon visage du sien. Doucement. Tout doucement. Pour enfin sceller nos lèvres, sous son regard étonné. Il ne fallut pas très très longtemps pour qu’il réponde à ce baiser, à mon plus grand soulagement. Nos langues dansèrent quelques instants, comme autrefois, avant que nous ne nous séparions quelques secondes, pour voir ce que pensait l’autre de tout ça.
Mais je ne laissais pas à Leevo le loisir de voir mon visage parce que je me blottis contre son torse pour y verser mes larmes, à bout de forces.

- Je ne veux pas d’un autre travail ! Je… je suis bien ici, au manoir…. Avec toi.
bafouillais-je. Tu es... quelqu'un de spécial pour moi et... je tiens à toi.

L’orage continuait sa symphonie cauchemardesque dehors.
Mais je n’avais plus peur. Leevo était là.

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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyLun 3 Sep 2012 - 17:12

Leevo était là.
Physiquement, du moins.
Les paroles d'Aoi s'étaient immiscées dans sa tête comme un couteau chauffé à blanc dans du beurre et étaient allées se planter dans un coin où les résonances et les échos se répercutaient sans fin, pour lui laisser un esprit embrumé, perdu dans le trouble, le flou, les souvenirs et toutes ces choses qui lui perturbaient le peu de raison et de logique qu'il avait.

Aoi lui avait dit qu'il était toujours quelqu'un de spécial pour lui et l'avait embrassé pour le lui prouver ; le séraphin savait sans aucun doute que, pour Leevo, l'un n'allait pas sans l'autre et vice-versa, puisque c'était lui qui le lui avait appris : « les s'embrasser, c'est pour les quelqu'un de spécial ».
Il savait sans aucun doute que c'était quelque-chose d'important et qu'à la différence du commun de mortel, pour Leevo, un simple baiser entraînait énormément de choses bien plus complexes : un simple baiser voulait dire qu'on était aimé, qu'on était important, qu'on comptait, qu'on existait, qu'on était spécial...
Il ne pouvait pas donner meilleur poids à ses paroles.

C'est parce que son corps se remémorait toutes ces choses qu'Aoi lui avait apprises qu'il se mit à l'embrasser à son tour, qu'il répondit à son baiser comme il avait eu maintes fois l'habitude de le faire il y a quatre ans ; son corps avait assimilé l'importance et la signification d'un tel acte et y répondait naturellement, reconnaissant les lèvres qui lui avait apportés des notions et des joies qu'il n'avait jamais connu.

C'est non plus sans questionner sa tête, son esprit ou même son avis sur la question que ses cicatrices se mirent à briller de la même couleur vive et chaleureuse qu'autrefois, exprimant par-là un bonheur vieux et une joie endormie, réveillés alors d'une attente interminable.
Car son corps avait attendu ce moment depuis toujours et ne s'était jamais laissé conquérir par d'autres lèvres que celles du séraphin ; c'était marqué quelque-part qu'elles étaient les seules capables de lui apporter le bonheur.

Mais il était loin d'en être de même dans l'esprit de l'elfe, lui aussi capable d'avoir sa propre conscience et son propre fonctionnement.
Tandis que le séraphin enfouissait son visage et se serrait contre lui, dans une étreinte de larme qu'il se remémorait tout aussi bien pour l'avoir déjà vécu une fois et exécrée au point d'en arracher le cœur à celui qui avait provoqué ses larmes, Leevo restait interdit, les bras écartés de surprise au-dessus du petit corps d'Aoi et s'interdisait de faire quoi que ce soit.
Il était encore sous le choc de ses mots et de ses actes, desquels il n'avait jamais soupçonné l'existence.
Il était toujours quelqu'un de spécial pour lui ?
Alors, pourquoi... ?
Pourquoi ne lui parlait-il pas comme avant ?
Pourquoi était-il si froid avec lui ?
Pourquoi lui faisait-il des promesses qu'il ne tenait pas ?
Pourquoi avait-il fallu qu'il se passe tant de chose avant qu'il ne revienne s'accrocher à lui de la sorte et y verser ses larmes horribles ?
Pourquoi... avait-il un autre quelqu'un de spécial ?

C'est en arrivant à cette ultime question que Leevo reprit pied dans le monde, alors que dehors l'orage tonnait rageusement ; il reprit conscience de son corps et de l'étreinte dans laquelle il était pris et posa ses mains sur les épaules d'Aoi qu'il pressa doucement, lui intimant de le lâcher.
Malgré la brillance de ses cicatrices et le bon flux d'émotions agréables qui les remontait, il n'était pas sûr que les contacts avec le séraphin puissent être aussi apaisant qu'avant.
Leevo avait toujours eu du mal avec les gens qui le touchaient, et sans pouvoir s'expliquer pourquoi ni comment, lorsqu'on en venait à poser une main sur lui, il devenait fou et était pris de ce que son maître appelait « une crise de démence ».
Il avait été scarifié, torturé, lacéré de magie de nombreuses fois afin de remédier à ces crises, mais rien n'y avait fait : plus on cherchait à les réduire et à les arrêter, plus elles s'étaient amplifiées et aggravées.
Bref, il ne savait pas pourquoi ni comment, mais le séraphin, à force, était parvenu à le toucher sans qu'il ne rentre dans une rage démente, mais voilà : ça faisait quatre ans maintenant qu'Aoi n'avait plus posé la main sur lui et il craignait que ses dons ne se soient effacés.

C'est donc dans le soucis de garder toute sa tête et de ne pas arracher la sienne qu'il s'extirpa de son étreinte et qu'il recula pour s'appuyer à la table, s'attrapant le crâne et cessant de briller.
Il était toujours quelqu'un de spécial pour Aoi, il venait de l'embrasser pour le lui prouver mais...
Ça n'allait pas.
Il ne comprenait pas pourquoi, s'il était quelqu'un de spécial, le séraphin avait été aussi mauvais avec lui, ni pourquoi il ne lui accordait aucune importance, ni pourquoi il passait tout son temps à traîner avec ce mage...
Les « quelqu'un de spécial » n'avaient-ils pas droit à de l'importance ?
N'avaient-ils pas droit à de l'intérêt ?
N'avaient-ils pas le droit... d'être spéciaux ?
Deux « quelqu'un de spécial » dans la vie d'Aoi n'était-ce pas... un de trop ?
N'était-ce pas un « quelqu'un de spécial » de moins... spécial ?
N'était-ce pas... lui ?

L'elfe ne comprenait plus et se sentait chanceler sous l'afflux des questions sans réponse et de l'incompréhension ; heureusement que la table était là pour le soutenir car, maintenant plus que n'importe quel jour, il sentit la fatigue qu'il imposait à son corps lui tomber dessus et l'écraser violemment, le rendant incapable de poursuivre ou de supporter plus d'émotion que celles déjà bien lourdes et mal-ordonnées qu'il venait de recevoir d'un coup.

Il prit le temps de retrouver une nouvelle fois ses esprits et de se remettre debout, non sans se servir de la table pour s'élancer dans une marche qu'il ne comptait arrêter que pour se laisser tomber dans son lit.
Il fit signe à Aoi de ne pas chercher à le soutenir dans sa démarche chancelante et lui dit d'une voix à peine audible que Dieu lui ordonnait d'aller trouver le repos, chose qu'il fit, préférant laisser la discussion qui aurait dû suivre en suspend...
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MessageSujet: Re: [PV] De petites cachotteries... {Leevo}   [PV] De petites cachotteries... {Leevo} EmptyLun 3 Sep 2012 - 18:04

Je n’avais pas vraiment compris pourquoi il m’avait repoussé de la sorte ; non pas qu’il l’avait fait avec violence, non. C’était délicat, presque. Il avait semblé… fatigué, aussi. Pas dans son état normal. Jamais il ne dormait ! Ou en tout cas, rarement. Bref, il était parti jusqu’à sa chambre en traînant des pieds, certainement fatigué.
Mais l’orage, lui, n’avait pas l’air d’avoir envie d’aller se coucher. Leevo était fatigué… je devais le laisser tranquille.

Le tonnerre ne fut pas de cet avis. Un nouvel éclair déchira le ciel et je me pressais d’aller enfiler ma robe de nuit pour rejoindre Leevo, qui semblait déjà endormi, dans son lit. Je posais le chandelier allumé sur la table de nuit avant de l’observer. Il avait les yeux clos et était roulé en boule au bord du lit. Il n’avait même pas mis sa couette et ses couvertures. Je me glissais alors dans les draps et lui caressait les cheveux quelques instants pour le réveiller. Je lui souris et tapotais la place à mes côtés pour qu’il s’y installe. De son œil à moitié ouvert, il me fixa, étonné, et finalement, vint me rejoindre sous les draps.

Par contre, il ne se blottit pas contre moi. Il me fixa quelques instants, jusqu’à ce que je me glisse moi aussi dans les draps, couché. Je soufflais sur la flamme de la bougie avant de reporter mon regard sur lui. Je lui souhaitais simplement bonne nuit, avant de me tourner dans le sens opposé. Mon aile fut bloquée par quelque chose. Je me retournais pour voir ce qui coinçait mais je constatais simplement que c’était Leevo qui avait attrapé mon plumage. Il me lança un regard timide avant d’en inspecter les moindres plumes ; les moindres recoins. Il alla même jusqu’à la faire bouger, pour en découvrir les différentes articulations. Ce ne fut qu’après un moment qu’il demanda, à voix basse, si je pouvais remettre ma broche pour la nuit. Il en était presque … gêné.

Il faut dire que dormir avec quelqu’un qui a des ailes n’était pas commode, je pouvais le comprendre sur ce point de vue. Je me levais donc dans l’obscurité de la nuit pour aller rechercher le précieux bijou et l’accrochais à ma chemise de nuit. A petits pas, je retournais dans la chambre pour m’immiscer dans ses draps et pris place à ses côtés. Cette fois-ci, je posais doucement mes lèvres sur les siennes avant de lui souhaiter bonne nuit. J’allais même jusqu’à forcer un peu les choses en m’approchant un peu plus de lui. Pas me blottir non, juste être prêt de lui.

Ca me rappela des souvenirs, ces nuits que nous avions passées ensemble… et sa seule présence chassa les mauvais souvenirs des soirs orageux.
Et ce rituel s’installa pour les nuits à venir. Lui ne dormait pas, mais nous prenions place dans le canapé et regardions le feu crépiter dans l’âtre de la cheminée jusqu’à ce que je tombe de sommeil. Les premiers jours, Leevo restait assis à côté. Puis il s’étendit à mes côtés. Et de fil en aiguille, nous nous étions rapprochés. Aussi bien métaphoriquement que physiquement, puisque ce soir là, j’étais étendu sur lui, la tête posée sur son torse, à regarder danses les flammes. Au bout d’un moment d’hésitation, sa main se perdit dans ma chevelure dorée pour caresser doucement mes cheveux. J’en rougis quelque peu. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas eu une petite attention de la sorte à mon égard. Je lui souris avant de poser mes lèvres sur les siennes pour un bref baiser.

- J’aimerais rester toujours ici.
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